Un si petit oiseau, de Marie Pavlenko

Reçu dans le cadre d’un partenariat avec Babelio, Un si petit oiseau fait partie des romans que je n’aurais jamais lus de moi-même. Marie Pavlenko y conte l’histoire d’Abi, jeune femme d’une vingtaine d’années qui doit réapprendre à vivre après avoir perdu son bras dans un accident de voiture. La « quête de résilience » vantée par l’éditeur m’avait fait espérer une histoire difficile, sur la destruction puis la reconstruction de soi, l’exploration de ses limites, un récit qui m’apporterait un autre point de vue sur le monde. Le résultat est malheureusement très en-deçà de mes attentes : romance prévisible, blagues forcées, personnages stéréotypés, enchaînement de clichés, même l’écriture m’a...

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La leçon d’allemand, de Siegfried Lenz

Ce roman paru en 1968 met en scène la très longue introspection (560 pages) de Siggi Jepsen. Envoyé en maison de correction pour avoir volé des œuvres d’art, ce jeune homme rend copie blanche lors d’une dissertation sur « les joies du devoir ». Mis à l’isolement, sa punition consiste à rédiger le texte qu’on attend de lui. Mais Siggi Jepsen en a trop a dire, et mettra trois ans à écrire sa rédaction, qui constitue le texte de La leçon d’allemand. Il remonte le temps jusqu’en 1943, à l’époque où son père, Jens, policier sous le régime nazi, reçoit l’ordre d’interdire à son voisin et ami de peindre. Max Ludwig Nansen est pourtant un artiste reconnu, qui a même sauvé Jens de la noyade de nombreuses années...

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Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig

Publié en 1927, ce court roman fidèle à son titre raconte les événements qui peuvent s’écouler en vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, et changer radicalement le cours de celle-ci. Confession intime d’une vieille veuve anglaise à un narrateur anonyme, ce récit aurait pu tourner à un ennuyeux épanchement sentimental sous une autre plume que celle de Stefan Zweig. Ici cependant, l’échange devient prétexte à l’extrapolation, et à une réflexion autour du mystère de la nature humaine. Un être peut-il renier sa vie, son éducation, tous ceux qu’il aime et ce en quoi il croit, en l’espace d’une seule journée ? Telle est la question posée par Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Tout commence avec Madame...

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Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez

Ce roman universellement considéré comme le chef d’œuvre de Gabriel García Márquez a été publié en Argentine en 1967. Saga familiale s’étendant sur un siècle, ce drame à la croisée du réalisme et du merveilleux raconte l’histoire des Buendía sur sept générations. Tragédies répétées, guerres sans fin, amours inassouvies et mysticisme prophétique sont au rendez-vous dans un cercle infernal qui se renouvelle sans épargner un seul des 40 personnages que compte cette grande famille. En dépit des liens qui les unissent, chacun d’eux trouvera une manière personnelle d’être seul : ils sont autant de tristes briques sur lesquelles s’érige Cent ans de solitude. Les chapitres du roman de Gabriel García Márquez pourraient presque former...

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Et Nietzsche a pleuré, d’Irvin D. Yalom

Friedrich Nietzsche : philosophe de la fin du XIXème siècle, réputé pour sa pensée déconstructrice et radicale. Josef Breuer : médecin de la même époque, connu pour avoir traité le cas Anna O., premier exemple de psychanalyse par l’hypnose (qui s’est soldé par un échec total, reconnu presque un siècle plus tard). Et si ces deux hommes qui n’ont a priori rien en commun s’étaient croisés ? Tel est le postulat de départ d’Irvin D. Yalom. La rencontre entre ces deux grandes figures devient prétexte à un roman d’enseignement, qui remonte aux sources de la psychothérapie à travers le prisme de la philosophie de Nietzsche. Et Nietzsche a pleuré fait défiler une galerie de personnages ayant réellement existé. Si le philosophe semble...

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