La Confusion des sentiments, de Stefan Zweig

Paru en 1927, dans le même recueil que Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et Destruction d’un cœur, La Confusion des sentiments est sans conteste mon roman préféré de Stefan Zweig. Comme souvent, l’histoire semble peu prometteuse : nous suivons cette fois un universitaire qui, à l’occasion de son soixantième anniversaire, se souvient de sa jeunesse et relate l’événement qui l’a décidé à embrasser cette carrière. De sa vie dissolue à Berlin à sa rencontre avec un professeur de philologie passionné par Shakespeare dans une petite ville de province, ce court roman est d’une rare puissance émotionnelle. De sa plume précise et poétique, Zweig ressuscite avec génie les tourments de la jeunesse et de la passion. La...

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À l’Ouest, rien de nouveau, d’Erich Maria Remarque

Le succès retentissant connu par À l’Ouest, rien de nouveau lors de sa publication en 1929 est justifié. Incisif, d’un réalisme impitoyable, ce plaidoyer pacifiste d’Erich Maria Remarque conte l’histoire partiellement autobiographique de Paul Bäumer, engagé volontaire durant la Première Guerre Mondiale. Rejoignant le conflit en 1916 suite aux incitations de son professeur nationaliste, le narrateur découvre l’horreur des tranchées et d’une guerre absurde. Il voit ses amis mourir, vit dans la crasse et, lorsqu’il ne combat pas les rats et les poux, se débat vainement contre la peur, les grenades, le gaz et le feu aveugle d’une injustice universelle. À travers l’expérience de Paul, À l’Ouest, rien de...

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Le Joueur d’échecs, de Stefan Zweig

Dernier roman de Stefan Zweig, publié en 1943 après le suicide de son auteur, Le Joueur d’échecs est un texte mystérieux à bien des égards. Trop court pour un roman, trop long pour une nouvelle, ce « roman d’échecs » en version originale raconte une partie d’échecs sur un bateau, entre le champion du monde en la matière et un inconnu, venu sauver à brûle pourpoint le narrateur et ses compagnons, alors en train de perdre leur deuxième partie. De cette intrigue en apparence assez plate naît une histoire haletante, pleine de rebondissements, à la croisée de la tragédie et du thriller, comme seul Zweig sait les écrire. Le Joueur d’échecs tourne autour de deux personnages, dont le passé nous est rapporté par le narrateur anonyme du récit. Mirko...

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Un si petit oiseau, de Marie Pavlenko

Reçu dans le cadre d’un partenariat avec Babelio, Un si petit oiseau fait partie des romans que je n’aurais jamais lus de moi-même. Marie Pavlenko y conte l’histoire d’Abi, jeune femme d’une vingtaine d’années qui doit réapprendre à vivre après avoir perdu son bras dans un accident de voiture. La « quête de résilience » vantée par l’éditeur m’avait fait espérer une histoire difficile, sur la destruction puis la reconstruction de soi, l’exploration de ses limites, un récit qui m’apporterait un autre point de vue sur le monde. Le résultat est malheureusement très en-deçà de mes attentes : romance prévisible, blagues forcées, personnages stéréotypés, enchaînement de clichés, même l’écriture m’a...

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La leçon d’allemand, de Siegfried Lenz

Ce roman paru en 1968 met en scène la très longue introspection (560 pages) de Siggi Jepsen. Envoyé en maison de correction pour avoir volé des œuvres d’art, ce jeune homme rend copie blanche lors d’une dissertation sur « les joies du devoir ». Mis à l’isolement, sa punition consiste à rédiger le texte qu’on attend de lui. Mais Siggi Jepsen en a trop a dire, et mettra trois ans à écrire sa rédaction, qui constitue le texte de La leçon d’allemand. Il remonte le temps jusqu’en 1943, à l’époque où son père, Jens, policier sous le régime nazi, reçoit l’ordre d’interdire à son voisin et ami de peindre. Max Ludwig Nansen est pourtant un artiste reconnu, qui a même sauvé Jens de la noyade de nombreuses années...

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