Le Jardin Secret, de Frances Hodgson Burnett

Expression bien connue entrée dans le langage courant, la nécessité d’avoir son jardin secret est directement issue du roman éponyme de Frances Hodgson Burnett. Nous y suivons les aventures de Mary Lennox, fillette née en Inde que le choléra rend orpheline. Enfant renfermée et capricieuse, élevée sans aucune tendresse, elle se retrouve envoyée dans le manoir lugubre de son oncle Archibald Craven, au milieu des landes, où le paysage hivernal est aussi morose qu’elle. Tout change lorsqu’un rouge-gorge lui montre la clé d’un jardin abandonné… À la croisée du conte et du roman, Le Jardin Secret mêle poésie et humour dans une histoire pleine de sagesse qui ravira les lecteurs de tous âges. Si la caractérielle Mary porte le début du récit,...

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Maus, d’Art Spiegelman

Bande dessinée autobiographique parue sous forme de série entre 1980 et 1991, Maus raconte une partie de la vie du père d’Art Spiegelman, juif polonais déporté à Auschwitz en 1944. Cette rencontre entre l’histoire et l’Histoire, où les juifs sont des souris, les Polonais des cochons et les Allemands des chats est une œuvre coup-de-poing, un de ces livres marquants qui raconte ce que nul ne devrait oublier. Le récit commence par la rencontre des parents de l’auteur au milieu des années 30 et s’achève en 1945, après la défaite de l’Allemagne. Roman d’amour, témoignage, quête identitaire et personnelle, ce texte fait partie des incontournables. L’utilisation de la bande dessinée, la transformation des hommes en animaux...

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L’Ours est un écrivain comme les autres, d’Alain Kokor

Bande dessinée inspirée du roman éponyme de William Kotzwinkle, L’Ours est un écrivain comme les autres est tombé entre mes mains grâce à l’esprit avisé du hérisson de cheminée, correctrice inspirée et dessinatrice talentueuse. L’histoire s’ouvre avec l’incendie qui emporte dans ses flammes le manuscrit tout juste achevé d’un certain Arthur Bramhall. Deux pages plus loin et quelque temps plus tard, son deuxième écrit est dérobée par un ours. C’est le début d’un récit décalé, à la croisée de la fable et de la satire, où l’impossible est tellement crédible qu’il pourrait être réel. Brusque et muet, l’ours qui voit dans le texte volé le moyen le plus sûr d’obtenir beaucoup de miel...

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L’Obélisque noir, d’Erich Maria Remarque

Paru en 1956, L’Obélisque noir se veut une rupture dans l’écriture d’Erich Maria Remarque. Un roman qui ne soit pas l’expression d’une époque mais d’un individu. Le reflet d’une expérience, la Première Guerre Mondiale, sur un jeune adulte, Ludwig Bodmer, à la recherche d’un sens à donner à sa vie miraculeusement préservée. Loin de la mort et de l’absurdité d’À l’Ouest rien de nouveau, comment continuer à vivre au milieu d’une inflation galopante où les Allemands sont à la fois pauvres et milliardaires ? L’argent brûle les mains, la réflexion brûle la vie. Avec philosophie et cynisme, Remarque nous plonge dans une tranche de vie initiatique, largement autobiographique. Raconté à la première personne, L’Obélisque noir se déroule sur une année, 1923. Devenu...

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La Maison aux esprits, d’Isabel Allende

Une fillette capable de faire voler les verres par la pensée et de converser avec les esprits, un homme si colérique qu’il provoque lui-même sa ruine en maintes occasions : tel est le couple improbable mis en scène sur plusieurs générations dans La Maison aux esprits. Histoire, tragédie ou destin d’un amour, d’un pays, d’une famille qui ne sont pas si éloignés de notre réalité, évoquant l’Amérique latine autant que l’Europe, le passé autant que le présent et, peut-être, l’avenir. Dans cette œuvre, Isabel Allende nous fait tour à tour voyager, rire, frémir et pleurer, au gré d’une aventure atypique qui est celle de toute l’humanité. Un périple ambitieux qui n’est pas sans rappeler Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, dont l’auteur avoue s’être inspirée....

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Blanc mortel, de Robert Galbraith

Quatrième volume des aventures du détective privé Cormoran Strike, Blanc mortel est le premier polar que je chronique et que je lis depuis bien longtemps. Enquête aux multiples facettes, ce roman mènera les personnages des grandes salles du Parlement londonien aux manoirs de campagne, en passant par une boutique de bibelots wicca et un rassemblement d’extrême gauche. Sur fonds de Jeux Olympiques et de chevaux de race, on retrouve dans ce tome les ambiances que Robert Galbraith, alias J.K. Rowling, sait si bien créer dans chacun de ses livres. Protagonistes maîtrisés dans leurs moindres méandres psychologiques, atmosphère rendue au détail près, ce fut une lecture aussi prenante qu’agréable. Humeur du moment ou talent de Robert Galbraith, je n’ai...

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La Confusion des sentiments, de Stefan Zweig

Paru en 1927, dans le même recueil que Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et Destruction d’un cœur, La Confusion des sentiments est sans conteste mon roman préféré de Stefan Zweig. Comme souvent, l’histoire semble peu prometteuse : nous suivons cette fois un universitaire qui, à l’occasion de son soixantième anniversaire, se souvient de sa jeunesse et relate l’événement qui l’a décidé à embrasser cette carrière. De sa vie dissolue à Berlin à sa rencontre avec un professeur de philologie passionné par Shakespeare dans une petite ville de province, ce court roman est d’une rare puissance émotionnelle. De sa plume précise et poétique, Zweig ressuscite avec génie les tourments de la jeunesse et de la passion. La...

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