1Q84, de Haruki Murakami

Composé de 3 tomes qui se déroulent entre avril et décembre 1984 au Japon, 1Q84 alterne les points de vue de deux personnages, Tengo et Aomamé. Un homme et une femme qui n’ont à première vue rien en commun, mais dont les aventures s’entremêlent au fil des chapitres pour n’en former plus qu’une : une histoire haletante, entre fantastique, thriller et romance, qui m’a emballée dès les premières lignes. Des mystérieux Little People aux dangereux Précurseurs en passant par l’allusion non voilée au roman dystopique de George Orwell, laissez-vous emporter par l’étrange lien qui unit Tengo et Aomamé dans le monde parallèle d’1Q84 ! Ces deux protagonistes sont en effet au centre de la série. L’un est professeur de maths et écrivain en devenir, l’autre enseigne le sport...

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Catch 22, de Joseph Heller

Publié en 1961, Catch 22 est directement inspiré des expériences de Joseph Heller pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’histoire se déroule sur Pianosa, petite île située non loin des côtes italiennes. La chronologie est floue, mais suit l’inexorable augmentation du nombre de missions imposées aux aviateurs par le colonel Cathcart, de 25 à 80 (le récit s’ouvre à 45). Dénonciation virulente et hautement satirique de la guerre et de ses absurdités, Catch 22 s’attaque surtout à l’ineptie des responsables américains. Dans cette île perdue entre le front et l’arrière, seuls comptent le profit et les médailles : peu importe que la mort soit celle d’alliés ou d’ennemis, de civils ou de militaires. Tout ce qui compte est de...

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Chronique d’une mort annoncée, de Gabriel García Márquez

Après L’automne du patriarche et ses phrases non ponctuées de plusieurs dizaines de pages, je craignais de me lancer dans un autre roman de Gabriel García Márquez. Chronique d’une mort annoncée s’est avéré très différent : paragraphes réguliers, rythme haletant, écriture fluide, tous les ingrédients d’un excellent livre étaient au rendez-vous. Comme l’indique son titre, Chronique d’une mort annoncée relate, plusieurs années après les faits, les événements qui ont conduit à l’assassinat de Santiago Nasar par les frères Vicario. Vengeance invraisemblable, enquête sans surprise, amour improbable, ce texte inclassable mêle les genres avec brio. Ce court roman se divise en cinq chapitres, qui abordent chacun le même épisode...

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La douce empoisonneuse, d’Arto Paasilinna

Arto Paasilinna est le premier auteur finlandais que je lis. Humour, légèreté et un brin de satire composent sa Douce empoisonneuse : ce roman au style efficace, parfait pour vous aérer l’esprit après un pavé de 500 pages, se lit vite et bien. Il conte les aventures de Linnea Ravaska, veuve âgée et paisible, qui se fait chaque mois dépouiller de sa pension par son neveu et ses amis. Jusqu’à ce qu’une goutte d’eau fasse déborder le vase, éveillant en Linnea un soudain intérêt dans l’élaboration des poisons… C’est le début d’un engrenage comique qui portera les personnages vers leur fin avec l’implacabilité d’une tragédie grecque. Maniant le comique de situation sans verser dans la caricature ou l’invraisemblable, Arto Paasilinna fait rire et le fait bien. Du bain...

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L’herbe de novembre, d’Antonio Gala

Après Gudú, le roi oublié, me voici de nouveau condamnée à vous parler d’un livre que vous ne lirez jamais, faute de traduction française. Noviembre y un poco de yerba, d’Antonio Gala, est une pièce de théâtre publiée en 1967. Ce huis-clos à quatre voix met en scène Diego et Paula, couple semblable à des milliers d’autres, à ceci près que Diego est un déserteur. Il vit caché dans la cave de Paula, avec la mère de celle-ci, depuis plus de vingt ans, et n’ose pas sortir crainte de se faire arrêter. Dénonciation ancrée dans le contexte de la guerre civile espagnole, cette œuvre qui pousse les personnages jusque dans leurs derniers retranchements est aussi une réflexion profonde sur la folie, l’amour et l’illusion. Autant de...

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Syngué Sabour – Pierre de patience, d’Atiq Rahimi

En Perse, quand un secret est trop lourd à porter, on le raconte à une pierre que l’on enterre profondément. On révèle tout à cette pierre de patience, on y déverse son âme, jusqu’à ce qu’elle explose et délivre l’être qui s’est confié à elle. « Quelque part en Afghanistan ou ailleurs »,  une femme décide de faire de son mari, tombé dans le coma, sa pierre de patience. Au fil des pages, les secrets s’égrènent, l’existence de ce couple qui pourrait être n’importe lequel se déconstruit en même temps qu’elle se restructure, la vérité se dévoile et la tension monte… Jusqu’à l’explosion finale décrite par la légende. Syngué Sabour fait partie de ces romans que l’on n’oublie pas. Dans un style vivace, à la fois efficace et poétique,...

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Le Papillon, d’Andrus Kivirähk

Depuis que j’ai lu L’Homme qui savait la langue des serpents, je suis devenue viscéralement fan d’Andrus Kivirähk. Loin des aventures déjantées qui le caractérisent, cet auteur nous livre avec Le Papillon un roman poétique et mélancolique. Entre rêve et réalité, mensonge et légende, folkore et faits réels, Le Papillon raconte l’histoire du théâtre de l’Estonia, construit en 1913 et détruit en 1944. Satire sociale, conte drolatique, on retrouve dans ce récit tous les éléments qui ont fait le succès des précédentes œuvres de Kivirähk : Le Papillon s’en démarque également par sa douceur et sa délicatesse. Loin de la violence caricaturale et des métamorphoses improbables des Groseilles de novembre, Le Papillon est d’abord une...

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