Fragments sauvés des ruines de mon esprit, de Philip José Farmer

Cette longue nouvelle de Farmer, parfait et angoissant exemple de mise en abyme, pose des questions terrifiantes sur la base d’une histoire incroyablement simple. La Terre est confrontée à l’arrivée d’une mystérieuse Sphère dans l’espace. On ignore si elle est peuplée d’extra-terrestres hostiles : toujours est-il que, suite à son apparition, tous les êtres humains de la planète s’éveillent en ayant oublié les trois jours qui précèdent le 1er juin 1980. Le 2 juin ils ont oublié la veille ainsi que trois jours de plus en remontant le temps, et ainsi de suite jusqu’à ce que 32 ans d’existence soient effacés… Fragments sauvés des ruines de mon esprit donne à lire les enregistrements audio de Mark, Américain moyen....

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Génocides, de Thomas Disch

Comme son titre le laisse présager, ce roman des plus pessimistes imagine un avenir hostile à l’homme. Des plantes étranges envahissent notre planète, et font en quelques années disparaître toute autre forme de vie : les civilisations s’effondrent, et nous suivons un groupe contraint de se cacher sous terre pour survivre. Terrifiant huis-clos d’anticipation, Génocides rassemble des personnages banals, que les circonstances amènent à repousser leurs limites. C’est ainsi que certains tombent dans la pire caricature, tandis que d’autres s’élèvent en héros imprévus. Jusqu’à ce que tous se retrouvent confrontés à la même insupportable vérité, et tombent enfin les masques. J’ai aimé Génocides, car c’est une grande et puissante leçon de relativisation. On peut y voir...

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Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley

Frankenstein est un roman aussi court qu’intense, et l’un des plus universellement mal interprétés que je connaisse. Sans avoir lu de critiques poussées sur cette œuvre, je l’ai abordée avec en tête le cliché classique du méchant zombie à abattre. Je m’attendais à une histoire qui fait peur : Mary Shelley a écrit ce texte dans le cadre d’un concours sur le sujet de la peur (concours qu’elle a d’ailleurs remporté) et toutes les références cinématographiques à Frankenstein tournent autour de la peur. Or, pour moi, le vrai sujet de ce livre est l’amour. Vous connaissez tous le sujet : le brillant docteur Frankenstein parvient, aux termes de longues recherches, à insuffler la vie dans un corps recréé à partir de...

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