La Débusqueuse de mondes, de Luce Basseterre

Trouvé à l’occasion du Noël de Babelio, j’ai ouvert La Débusqueuse de mondes à la suite d’Idéalis – À la lueur d’une étoile inconnue. J’étais d’humeur à voyager dans l’espace et je n’ai pas été déçue. D’Guéba, la grenouille sapiente héroïne de ce roman, arpente la galaxie à la recherche de planètes abandonnées qu’elle rend habitables et revend au plus offrant. À bord d’une baleine cosmique robotisée nommée Koba, elle secourt Otton, esclave humain naufragé qui semble décidé à lui tenir compagnie, qu’elle le veuille ou non… Humour, aventure, rebondissements, Luce Basseterre crée avec ce roman rythmé un univers agréable à parcourir.

Trois points de vue internes se succèdent au fil des chapitres de La Débusqueuse de mondes : la parole est ainsi donnée tour à tour à Koba, D’Guéba et Otton. Ce changement narratif plaisant permet de découvrir l’imaginaire de Luce Basseterre par petites touches. Aucun sigle barbare ici, mais des nouveautés adroitement amenées qui donnent envie d’en savoir davantage. Insectoïdes, reptiliens et félidés se succèdent à chaque escale, sans parler de l’humanité réinventée de New Vegas et des extraterrestres fleurs asexués pour lesquels l’auteur a créé un pronom neutre. Cet exotisme dépaysant le serait encore davantage si, en dépit de leurs apparences pour le moins originales, les protagonistes n’adoptaient pas tous un comportement aussi humain.

La Débusqueuse de mondes m’avait paru être un roman léger : ce n’est ni plus, ni moins. Parfait pour se distraire sans arrière-pensée, il m’a cependant laissée sur ma faim. J’ai apprécié de partager la pensée d’un cybersquale, mais je n’ai pas vu de réelle différence dans la manière d’être des trois héros. Bien que sympathiques, leur passé demeure aussi distant que leur avenir. Les péripéties perpétuelles du présent n’altèrent pas leur personnalité qui reste très superficielle, comme s’ils craignaient de s’ouvrir à leurs propres pensées. Leurs motivations profondes sont inconnues et, si l’écriture dynamique et précise de Luce Basseterre permet de passer un agréable moment de lecture, cela ne suffit pas à rendre ce roman inoubliable.

Et vous, avez-vous lu La Débusqueuse de mondes ? Qu’avez-vous pensé de ce roman ? Je m’attendais à une fin plus haute en couleurs : j’ai été déçue que les personnages ne se livrent pas davantage. Pas d’émotions viscérales, pas de réflexion intense, pas de remise en question profonde durant cette promenade, certes plaisante, mais bien trop peu accidentée à mon goût.

 

Couverture de La Débusqueuse de mondes

J’aime beaucoup cette couverture de La Débusqueuse de mondes, qui représente Koba virant de bord : l’idée d’une baleine cosmique m’a tout de suite fascinée.

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