Tristan et Iseult, adapté par René Louis

Triste naissance, signification curieuse pour un prénom de héros, présage d’un destin funeste, ainsi commence la légende de Tristan et Iseult. Vainqueur de monstres, chanteur talentueux, le jeune guerrier réclame, au nom du roi Marc de Cornouailles, la main de la princesse d’Irlande Iseult. Mais la belle, aidée par la magie, en décide autrement, et un philtre d’amour l’unit pour trois ans à celui qu’elle aime. Aidés par leurs fidèles serviteurs, les amants multiplieront les ruses pour échapper à la vigilance de l’époux trompé et des barons félons. René Louis signe avec cette adaptation un retour aux origines celtiques du conte tant de fois remanié, et nous emporte dans une histoire inoubliable. Tristan et Iseult dévoile une...

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Les Affinités électives, de Goethe

Je suis entrée difficilement dans Les Affinités électives : la langue m’a certes freinée, mais le rythme assez lent de l’histoire et la passion bizarre des personnages pour l’aménagement de leur jardin n’ont pas aidé. J’ai découvert sans entrain le quotidien calme d’Édouard et Charlotte, tombés amoureux dans leur jeunesse, séparés par des mariages arrangés et heureusement réunis par le décès de leur conjoint respectif. Je me doutais bien que l’arrivée du Capitaine Otto, ami désargenté d’Édouard, et d’Ottilie, la nièce orpheline de Charlotte, ajouteraient du piment à l’histoire, cependant la narration reste très froide et distante, ce qui m’a obligée à changer sans cesse de point de vue pour ne pas...

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Riquet à la houppe, de Charles Perrault

Riquet à la houppe n’est pas sans rappeler La Belle et la Bête : il s’en écarte cependant en bien des égards. Là où le conte de Madame Leprince de Beaumont met en avant l’amour désintéressé qui fait le propre de l’homme, Charles Perrault s’inscrit davantage dans le débat précieux autour de la nature de l’amour. Un homme laid d’une grande intelligence s’éprend d’une ravissante princesse affublée d’un piètre esprit : guidé par une bonne fée, le récit suit un cours prévisible jusqu’à la traditionnelle fin heureuse. Il n’en reste pas moins distrayant, bien construit et non dénué d’une pointe de cynisme. L’histoire s’ouvre sur le prince qui lui donne son nom : Riquet à la houppe...

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Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov

Par une belle après-midi d’été, à Moscou, un poète et un directeur de revue littéraire débattent sur l’existence de Jésus. Un étranger aux yeux vairons se joint à leur conversation et leur relate la rencontre de Ponce Pilate et d’un certain Yeshoua Ha-Nozri comme s’il y avait personnellement assisté… Ainsi commence Le Maître et Marguerite, ultime roman de Boulgakov. À la croisée du fantastique, de la satire sociale et de l’histoire d’amour, ce récit insolite décrit les tribulations moscovites de Satan et de sa suite. La magie que certains qualifieraient de noire rivalise avec l’absurdité des lois humaines pour le plus grand bonheur du lecteur, qui se retrouve plongé dans un aventure où se croisent une multitude de...

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Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo

J’attendais depuis longtemps de lire Notre-Dame de Paris. Roman de jeunesse publié alors que Victor Hugo n’a pas trente ans, le texte met en scène un affrontement des passions à mille lieues de l’adaptation mièvre proposée par Disney. On y observe, à travers une narration omnisciente, l’engrenage terrible qui se noue autour d’Esméralda, ravissante bohémienne d’une grande bonté dont le seul crime est d’être jolie. Récit historique aux accents fantastiques, réflexion tour à tour philosophique, politique et architecturale, les chapitres se dévorent et l’alternance entre les points de vue rend le tout très vivant. Notre-Dame de Paris compte plusieurs personnages qui se révèlent d’égale importance. On citera...

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Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Des souris et des hommes fait partie des romans qui ne s’oublient pas. Coup de poing condensé en quelques dizaines de pages, John Steinbeck met en scène, à travers l’histoire de George et de Lennie, toute la tragédie de la condition humaine. Quête d’un impossible bonheur, frustration née d’ambitions inassouvies et incompréhension des hommes qui se ressemblent trop : le microcosme de l’Amérique des années trente défile dans le ranch où viennent travailler les deux protagonistes, nourrissant le rêve simple de l’indépendance financière. Derrière la chimère d’un lopin de terre, d’une maison et de lapins à caresser couve cependant le drame. C’est un livre poignant, un livre qui se dévore, un livre incontournable....

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Raison et sentiments, de Jane Austen

Comme de nombreuses personnes, j’ai lu Raison et sentiments après avoir dévoré Orgueil et préjugés. Je l’avais trouvé lent et bien fade en comparaison : c’est donc avec une curiosité renouvelée que j’ai décidé de le relire, après l’avoir quasi intégralement oublié. À travers les mésaventures de la sage Elinor et de l’impétueuse Marianne, contraintes par leur époque à trouver un époux afin de s’épanouir, j’ai redécouvert une satire sociale d’une grande finesse, doublée d’une analyse très juste du délicat équilibre entre la rationalité et les émotions. Les difficultés pécuniaires qui limitent les ambitions des sœurs Dashwood donnent à Jane Austen l’occasion de se livrer à un examen sans concessions de la petite bourgeoisie de son temps. Raison et sentiments s’est...

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