Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Des souris et des hommes fait partie des romans qui ne s’oublient pas. Coup de poing condensé en quelques dizaines de pages, John Steinbeck met en scène, à travers l’histoire de George et de Lennie, toute la tragédie de la condition humaine. Quête d’un impossible bonheur, frustration née d’ambitions inassouvies et incompréhension des hommes qui se ressemblent trop : le microcosme de l’Amérique des années trente défile dans le ranch où viennent travailler les deux protagonistes, nourrissant le rêve simple de l’indépendance financière. Derrière la chimère d’un lopin de terre, d’une maison et de lapins à caresser couve cependant le drame. C’est un livre poignant, un livre qui se dévore, un livre incontournable....

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Raison et sentiments, de Jane Austen

Comme de nombreuses personnes, j’ai lu Raison et sentiments après avoir dévoré Orgueil et préjugés. Je l’avais trouvé lent et bien fade en comparaison : c’est donc avec une curiosité renouvelée que j’ai décidé de le relire, après l’avoir quasi intégralement oublié. À travers les mésaventures de la sage Elinor et de l’impétueuse Marianne, contraintes par leur époque à trouver un époux afin de s’épanouir, j’ai redécouvert une satire sociale d’une grande finesse, doublée d’une analyse très juste du délicat équilibre entre la rationalité et les émotions. Les difficultés pécuniaires qui limitent les ambitions des sœurs Dashwood donnent à Jane Austen l’occasion de se livrer à un examen sans concessions de la petite bourgeoisie de son temps. Raison et sentiments s’est...

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Jane Eyre, de Charlotte Brontë

Roman gothique, histoire d’amour, récit d’apprentissage, Jane Eyre réunit dès 1847 tous les ingrédients d’un best-seller. Cette autobiographie fictive, relatant les aventures d’une orpheline maltraitée par sa tante, nous fait voyager de la maison bourgeoise qui a vu grandir l’héroïne jusqu’au manoir de Thornfield, en passant par l’école pour les pauvres de Lowood et le village paysan de Merton. Autant de lieux, d’anecdotes et d’ambiances inspirés par les expériences de Charlotte Brontë, fille de pasteur, gouvernante et femme de lettres : sa plume mêlant poésie, romantisme et réalisme happe dès les premières lignes le lecteur dans un autre monde. Fillette sans grande beauté, clairvoyante et déterminée, Jane...

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Le Rayon vert, de Jules Verne

Moins connu que Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, Le Rayon vert fut publié près de dix ans plus tard, en 1882. Réunis dans mon édition Hetzel, j’ai lu les deux romans à la suite et je fus fort divertie par cette découverte imprévue. Comédie sentimentale se déroulant sur les côtes de l’Écosse, ce récit s’ouvre sur une proposition de mariage peu prometteuse, que l’héroïne élude en la conditionnant à l’observation d’un rayon vert. Phénomène optique visible seulement sur un horizon de mer dénué de nuages, voilà nos personnages partis en quête de beaux couchers de soleil au pays des brumes… Le Rayon vert met en scène un nombre de personnages assez réduit. L’histoire s’ouvre avec deux frères, jumeaux de cœur...

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Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe

Roman épistolaire paru en 1774, Les Souffrances du jeune Werther est à la fois une histoire d’amour passionnée et une tragédie romantique. Livre emblématique précurseur des grands mouvements littéraires et artistiques du XIXème siècle, inspiré de faits réels, le récit de Goethe présente, à la manière d’Orgueil et Préjugés, de nombreux traits que l’imitation finira par convertir en clichés : sensibilité exacerbée à la nature, inclination pour la beauté mélancolique des nuits de pleine lune, goût marqué des épopées et des élégies de l’Antiquité, amour impossible envers une figure féminine vertueuse et idéalisée. Comme le suggère son titre, Les Souffrances du jeune Werther est centré autour d’un unique protagoniste : Werther. Jeune...

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Princesse Brambilla, d’E.T.A. Hoffmann

Paru en 1820, Princesse Brambilla retrace les aventures du comédien Giglio Fava et de la couturière Giacinta Soardi, dans la Rome du XVIIIème siècle, en pleine période de carnaval. Victimes d’un étrange enchantement, ces deux fiancés s’entichent de personnages imaginaires et confondent rêve et réalité dans un tourbillon d’événements dont même le lecteur ne parvient pas à se dépêtrer. À travers ce conte, magie, mystère et humour s’unissent une nouvelle fois sous la plume d’Hoffmann pour tisser un éloge de la poésie, de l’amour et de la beauté de la nature, dans une ambiance toute romantique. Comme dans Le vase d’or, Princesse Brambilla multiplie miroirs, reflets et illusions. Amoureux de la princesse dont il a rêvé, Giglio...

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Le vase d’or, d’E.T.A. Hoffmann

Un jeune homme, le jour de l’Ascension, percute malencontreusement une vieille femme, qui l’accable de reproches étranges sonnant comme une malédiction. Ce qui dans la vie courante serait une anecdote amusante devient sous la plume d’Hoffmann un récit à la croisée du conte merveilleux, de la quête initiatique et de l’histoire d’amour. Magie et métamorphoses, quête poétique de l’idéal, combat de l’amour et du doute, Le vase d’or allie à ces qualités une ironie teintée de tendresse. Après avoir renversé le panier de la vieille, l’étudiant Anselme s’approche en effet d’un sureau à l’écart de la ville, où il entend chanter des couleuvres d’or aux yeux bleus… Illusion ou réalité ?...

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