Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Des souris et des hommes fait partie des romans qui ne s’oublient pas. Coup de poing condensé en quelques dizaines de pages, John Steinbeck met en scène, à travers l’histoire de George et de Lennie, toute la tragédie de la condition humaine. Quête d’un impossible bonheur, frustration née d’ambitions inassouvies et incompréhension des hommes qui se ressemblent trop : le microcosme de l’Amérique des années trente défile dans le ranch où viennent travailler les deux protagonistes, nourrissant le rêve simple de l’indépendance financière. Derrière la chimère d’un lopin de terre, d’une maison et de lapins à caresser couve cependant le drame. C’est un livre poignant, un livre qui se dévore, un livre incontournable.

Des souris et des hommes met en scène deux personnages diamétralement opposés, que seule réunit leur gentillesse. Lennie est grand et simple d’esprit ; George est petit et intelligent. La naïveté de Lennie, couplée à sa passion pour les choses douces et à son involontaire brutalité, leur cause de nombreux problèmes que George étouffe de son mieux. Autour d’eux gravitent d’autres blessés de la vie tels que Candy, le vieillard qui redoute sa fin approchante, Crooks, le palefrenier noir que tout le monde traite en esclave, ou encore la femme de Curley, qui s’est mariée par dépit, portée par de fausses espérances.

Si les descriptions, aussi belles qu’efficaces, placent tout de suite le cadre de l’histoire, les dialogues constituent la véritable force du texte. Des souris et des hommes met en scène des émotions viscérales : le manque d’affection, la soif de reconnaissance, le besoin de faire ses preuves. Quelques lignes, quelques actions suffisent à poser les personnages, à résumer leurs contradictions et leurs envies. Le rêve de George et de Lennie devient celui de chacun ; il se heurte à une réalité déformée, à l’égoïsme et à la bêtise, ne trouvant son issue que dans une terrible preuve d’amour. Un sacrifice fraternel dont aujourd’hui encore peu d’entre nous saisiraient la portée.

Et vous, avez-vous lu Des souris et des hommes ? Qu’en avez-vous pensé ? J’ai été marquée par le duo de George et de Lennie et par la fin du texte, qui m’est toujours restée en mémoire. John Steinbeck a l’art de mettre en peu de mots le doigt sur la corde sensible des âmes. Ses dialogues où se retrouve le langage américain de Californie rendent palpables, en creux, la richesse de chaque protagoniste.

 

Des souris et des hommes, c’est à la fois une ambiance et une histoire, un texte où l’on aimerait que les personnages possèdent des jokers pour lutter contre la fatalité qui les entoure.

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