Raison et sentiments, de Jane Austen

Comme de nombreuses personnes, j’ai lu Raison et sentiments après avoir dévoré Orgueil et préjugés. Je l’avais trouvé lent et bien fade en comparaison : c’est donc avec une curiosité renouvelée que j’ai décidé de le relire, après l’avoir quasi intégralement oublié. À travers les mésaventures de la sage Elinor et de l’impétueuse Marianne, contraintes par leur époque à trouver un époux afin de s’épanouir, j’ai redécouvert une satire sociale d’une grande finesse, doublée d’une analyse très juste du délicat équilibre entre la rationalité et les émotions. Les difficultés pécuniaires qui limitent les ambitions des sœurs Dashwood donnent à Jane Austen l’occasion de se livrer à un examen sans concessions de la petite bourgeoisie de son temps. Raison et sentiments s’est...

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L’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr. Hyde, de Robert Louis Stevenson

Une nuit, un homme désagréable heurte par mégarde une fillette qu’il piétine avant de s’en aller. Rattrapé par les parents de l’enfant qui hurle, il se voit contraint de leur donner un chèque pour les apaiser et finit par retourner chez lui, dans une maison délabrée à Soho. Cette anecdote insolite, échangée entre deux personnages pour le moins ennuyeux, au moment où ils passent devant ladite maison, marque le commencement de L’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr. Hyde. Haletant, déroutant, terrifiant, fascinant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce roman dont on peine à croire qu’il ait été écrit par le même auteur que L’île au trésor. C’est à travers les yeux de Mr. Utterson, notaire tout ce qu’il y a de plus banal, que l’on entre peu à peu dans...

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Zadig ou la Destinée, de Voltaire

Conte philosophique publié en 1748, Zadig narre l’histoire d’un jeune homme intelligent et généreux à qui le destin réserve bien des surprises.  À travers ce personnage éponyme dont le nom signifie « véridique » en arabe et « juste » en hébreu, Voltaire met en scène les malheurs des honnêtes personnes, dont la franchise fait des victimes aisées pour le vice omniprésent. Emprisonné à tort, favori du roi, esclave d’un peuple étranger, trompé par les femmes, Zadig apprendra à ses dépens que le chemin du bonheur, s’il est facile à trouver, est ardu à suivre. Situé dans un Orient fantasmé, le texte de Voltaire se veut aussi une satire sociale de la France des Lumières, des hypocrisies de Cour et des mensonges religieux. Zadig, protagoniste en...

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L’Iliade, d’Homère

Récit fondateur contant la guerre de Troie, cette épopée d’Homère est avec L’Odyssée l’un des classiques les plus universellement connus. Curieuse de lire ce texte sans cesse évoqué et jamais étudié au fil de mon cursus, je m’y suis plongée avec avidité. Ma première surprise fut de découvrir le peu de temps couvert par L’Iliade : démarrant in medias res par la dispute entre Achille et Agamemnon durant la dixième année de guerre, l’histoire s’achève deux semaines plus tard avec les funérailles d’Hector. L’enlèvement d’Hélène est seulement évoqué dans quelques passages, et le lecteur n’assiste ni à la mort d’Achille, ni à la prise d’Ilion/Troie. Les personnages de L’Iliade sont...

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Jane Eyre, de Charlotte Brontë

Roman gothique, histoire d’amour, récit d’apprentissage, Jane Eyre réunit dès 1847 tous les ingrédients d’un best-seller. Cette autobiographie fictive, relatant les aventures d’une orpheline maltraitée par sa tante, nous fait voyager de la maison bourgeoise qui a vu grandir l’héroïne jusqu’au manoir de Thornfield, en passant par l’école pour les pauvres de Lowood et le village paysan de Merton. Autant de lieux, d’anecdotes et d’ambiances inspirés par les expériences de Charlotte Brontë, fille de pasteur, gouvernante et femme de lettres : sa plume mêlant poésie, romantisme et réalisme happe dès les premières lignes le lecteur dans un autre monde. Fillette sans grande beauté, clairvoyante et déterminée, Jane...

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Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rilke

Largement autobiographique, paru en 1910, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge est l’un des seuls romans de Rainer Maria Rilke. Présenté sous forme de journal intime regroupant trois grandes parties, il conte tour à tour le quotidien du narrateur à Paris, des souvenirs d’enfance ou encore des anecdotes sur une infinité de sujets. Autant vous le dire d’office : je n’ai pas du tout accroché à ce classique. Bien écrit, il donne lieu à des méditations profondes et vivaces sur la mort, la maladie, la solitude ou encore l’obscurité. Le problème : je n’ai absolument pas compris où Rilke voulait en venir. Si Histoires du bon Dieu m’a beaucoup amusée, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge s’annonce d’emblée moins...

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Le Rayon vert, de Jules Verne

Moins connu que Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, Le Rayon vert fut publié près de dix ans plus tard, en 1882. Réunis dans mon édition Hetzel, j’ai lu les deux romans à la suite et je fus fort divertie par cette découverte imprévue. Comédie sentimentale se déroulant sur les côtes de l’Écosse, ce récit s’ouvre sur une proposition de mariage peu prometteuse, que l’héroïne élude en la conditionnant à l’observation d’un rayon vert. Phénomène optique visible seulement sur un horizon de mer dénué de nuages, voilà nos personnages partis en quête de beaux couchers de soleil au pays des brumes… Le Rayon vert met en scène un nombre de personnages assez réduit. L’histoire s’ouvre avec deux frères, jumeaux de cœur...

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