Phèdre, de Racine

Parue en 1677, je me souviens de Phèdre pour l’avoir étudié en khâgne puis en licence de lettres modernes. Cette pièce de théâtre reprise de la mythologie grecque raconte l’histoire de la sœur d’Ariane et deuxième femme de Thésée. Alors que son époux vainqueur du minotaure est parti aux Enfers sauver l’un de ses amis, Phèdre tombe amoureuse du fils qu’il a eu d’une première union avec la reine des amazones. Tragédie éternelle que celle de l’amour sans retour, auréolé du scandale de l’inceste par alliance : rongée par la honte, dévorée par l’amour, Phèdre revit sous la plume de Racine les événements qui l’ont conduite à sa perte. Comme dans beaucoup de tragédies du Grand Siècle, la plupart des personnages de Phèdre se semblent se réduire à des archétypes. Il y a...

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Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift

Paru en 1721, on ne connaît des Voyages de Gulliver que le séjour du marin chez les Lilliputiens. Cette aventure s’avère être la première d’une série de quatre grands voyages : aux être minuscules succèderont les géants de Brobdingnag, les amateurs d’abstraction de Laputa et les chevaux Houyhnhnms doués de raison. Chaises de cheveux, peignes en poils de barbe, églises en guise de maison, escalopes en forme de harpe, immortels irascibles, îles volantes, résurrection des morts, l’œuvre de Jonathan Swift fait la part belle à l’imaginaire… Et se livre pour notre plus grand plaisir à une satire sociale qui n’a rien perdu de son actualité. Ainsi, les Lilliputiens sont mortellement divisés avec leurs voisins sur la manière...

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Gargantua, de François Rabelais

Publié vers 1534, Gargantua relate la vie du père de Pantagruel, héros des quatre autres romans qui composent la série écrite par François Rabelais. Vulgaire, grotesque, satirique, merveilleux, didactique, humaniste, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette œuvre hors-normes, qui n’a rien perdu de son actualité. De sa naissance à son accession au trône du royaume des géants, Rabelais nous conte, dans un style vivant et moderne, la vie de celui qui, dès sa venue au monde, a réclamé « à boire »… Pour, quelques années plus tard, inventer le « torchecul ». Comique, Gargantua l’est certainement ; n’y trouveront de la sagesse que ceux qui sauront en tirer la « substantifique moelle ». Chaque personnage tient dans le roman un rôle bien...

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Tartuffe, de Molière

Joué pour la première fois en 1664 puis réécrit en 1669, Le Tartuffe ou l’Imposteur fait partie des pièces les plus célèbres de Molière. Elle met en scène Orgon, riche bourgeois qui a recueilli chez lui Tartuffe, dévôt rencontré à l’église. Hypocrite, séducteur, glouton, cupide, il est peu de défauts qui manquent à ce pieux individu, dont Orgon et sa mère se sont entichés. Femme, fils, fille, frère et servante ne sont pas dupes, mais s’évertuent en vain à dire la vérité : l’aveugle ne croit que ce qu’il voit lui-même. Au-delà d’une simple comédie, Tartuffe est, comme beaucoup d’œuvres de Molière, une véritable satire sociale qui n’a rien perdu de sa cinglante actualité. On peut aisément transposer la pièce à notre...

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Dracula, de Bram Stoker

Qui ne connaît pas le nom du plus célèbre des vampires ? Largement utilisé dans la culture populaire, le Comte Dracula est moins souvent imité : à la lecture du roman de Bram Stoker, j’ai été plutôt surprise du traitement du sujet. Plus sombre et moins sanglant, plus haletant et moins sexuel que ce à quoi je m’attendais, tel fut pour moi Dracula. Érotique sans aucun doute (n’oublions pas qu’il a été publié en 1897) mais discret, tout en allusions efficaces. Des feux follets d’Europe centrale aux tombes d’Angleterre en passant par les asiles, les navires et les trains du XIXème siècle, les paysages se succèdent sans se ressembler, dans des descriptions à la fois terrifiantes et poétiques. Roman épistolaire, l’histoire du...

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Don Quichotte, de Miguel de Cervantes

Drôle, absurde, philosophique, romanesque, satirique, les adjectifs pour qualifier le chef d’œuvre de Cervantes ne manquent pas. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche raconte les aventures d’un aristocrate espagnol décati, qui a tellement lu de romans médiévaux qu’il finit par prendre la fiction pour la réalité. Le voilà parti de chez lui, monté sur son vieux cheval Rossinante, pour parcourir le vaste monde. Son objectif : sauver les demoiselles en détresse des vilains enchanteurs et aider les nobles cœurs qui croiseront sa route. En chemin, il rencontre un paysan, Sancho Panza, qu’il prend pour écuyer ; de temps à autre, il se remémore avec tendresse Dulcinée, la douce amante (imaginaire) qu’il laisse derrière lui....

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Moby Dick, de Herman Melville

Lors d’un exercice de traduction, j’ai entendu dire d’Herman Melville que certains de ces romans étaient tellement complexes que même les anglophones ne les comprenaient pas. Ce n’est heureusement pas le cas de Moby Dick, que j’ai pu lire dans le texte sans difficulté majeure de compréhension. Je n’irai toutefois pas jusqu’à dire que c’est une œuvre facile d’accès : tortueux, mélancolique, méditatif, c’est le genre de roman qu’il faut relire plusieurs fois pour en saisir pleinement la portée. De Moby Dick, je retiens le début, hautement comique, quand Ismaël se retrouve contraint de partager son lit avec le colossal Queequeg. Je garde également le souvenir de passages très philosophiques : la...

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