Les Hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë

J’ai lu Les Hauts de Hurlevent trois fois en anglais, et je compte bien le relire une quatrième fois tant je trouve ce roman fascinant. Romantique aux accents gothiques, réaliste teinté de fantastique, l’œuvre d’Emily Brontë est un monde à part entière, poétique et mystérieux, lande balayée par les vents dont la beauté n’a d’égale que l’étrange cruauté. Beauté qui commence dès le titre original, Wuthering Heights, plutôt bien rendu par la traduction française. Beauté difficile d’accès aussi, pour le lecteur qui suit Mr. Lockwood, citadin dont le récit à la première personne est écrit dans un style si ampoulé qu’il a bien failli me décourager. Heureusement, c’est ensuite Nelly Dean qui prend la parole,...

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Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley

Frankenstein est un roman aussi court qu’intense, et l’un des plus universellement mal interprétés que je connaisse. Sans avoir lu de critiques poussées sur cette œuvre, je l’ai abordée avec en tête le cliché classique du méchant zombie à abattre. Je m’attendais à une histoire qui fait peur : Mary Shelley a écrit ce texte dans le cadre d’un concours sur le sujet de la peur (concours qu’elle a d’ailleurs remporté) et toutes les références cinématographiques à Frankenstein tournent autour de la peur. Or, pour moi, le vrai sujet de ce livre est l’amour. Vous connaissez tous le sujet : le brillant docteur Frankenstein parvient, aux termes de longues recherches, à insuffler la vie dans un corps recréé à partir de...

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Cendrillon, de Perrault et de Grimm

Cendrillon est un conte universel. Qui ne connaît pas l’histoire de cette pauvre fille maltraitée par sa belle-famille, dont la beauté et la gentillesse triomphent lorsqu’elle épouse le prince que ses méchantes sœurs convoitaient ? La juste récompense de la bonté et de l’innocence se retrouve dans de nombreux contes de fées : alors pourquoi Cendrillon est-il un des plus populaires ? Que ce soit chez Grimm ou Perrault, il y a ce détail qui n’en est pas un : la pantoufle qui permet au prince de retrouver sa dulcinée. Au-delà de la métaphore sexuelle évidente, c’est aussi le parallèle sentimental de deux âmes qui trouvent chacune « chaussure à leur pied ». C’est ce côté unique de l’amour vrai, qui ne repose pas simplement...

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