Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez

Ce roman universellement considéré comme le chef d’œuvre de Gabriel García Márquez a été publié en Argentine en 1967. Saga familiale s’étendant sur un siècle, ce drame à la croisée du réalisme et du merveilleux raconte l’histoire des Buendía sur sept générations. Tragédies répétées, guerres sans fin, amours inassouvies et mysticisme prophétique sont au rendez-vous dans un cercle infernal qui se renouvelle sans épargner un seul des 40 personnages que compte cette grande famille. En dépit des liens qui les unissent, chacun d’eux trouvera une manière personnelle d’être seul : ils sont autant de tristes briques sur lesquelles s’érige Cent ans de solitude.

Les chapitres du roman de Gabriel García Márquez pourraient presque former des nouvelles indépendantes, apportant tour à tour leur touche à la vaste fresque des Buendía. Parmi les protagonistes, quelques-uns m’ont plus marquée que d’autres. Si j’ai été émue par Úrsula, la fondatrice, condamnée à assister à la déchéance de sa descendance en dépit de ses effort répétés d’éducation et d’amélioration, et fascinée par Remedios, la belle, j’ai moins apprécié Amaranta, incompréhensible malheureuse qui se voue d’elle-même à la solitude. Des hommes, je retiendrai les deux frères fondateurs, Aureliano et José Arcadia, dont la descendance sera tour à tour attirée par le mystère d’anciens parchemins et le charme des femmes.

Cent ans de solitude gagne à être relu. Telle est la première pensée qui m’a traversée quand je l’ai terminé. À la fois curieuse de connaître le sort des personnages et lasse du cycle de malheurs qui s’abat sur eux, je l’ai lu avec un mélange de fascination et d’agacement. Si tout s’explique à la fin, ce roman n’en reste pas moins répétitif, notamment du fait que les prénoms et les personnalités associées sont repris de génération en génération. On a ainsi l’impression de relire plusieurs fois la même histoire, à quelques variations près. Malgré son ambiance magique, pleine de poésie et de beauté, je ne suis pas parvenue à entrer pleinement dans Cent ans de solitude, qui s’achève sur une note trop étrange à mon goût. Récit biblique de la fatalité ? Condamnation de la faiblesse humaine ? Je peine à trouver un sens à ce texte aussi abscons que les parchemins du gitan Melquíades.

Et vous, avez-vous lu ce que beaucoup considèrent comme l’un des plus grands chefs d’œuvre du XXème siècle ? Je le relirai certainement dans quelques années : pour cette première lecture je n’ai pas accroché à cette notion de destin tragique inévitable, que je trouvais aussi étrange qu’injustifié, voire artificiel dans le cas de certains personnages. Mais peut-être est-ce précisément cette absence de logique sentimentale qui caractérise l’humanité, et fait de Cent ans de solitude le reflet de ce que nous sommes ? C’est aussi, d’une certaine manière, ce que je tente de transmettre à la fin de Vivre.

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