Le Papillon, d’Andrus Kivirähk

Depuis que j’ai lu L’Homme qui savait la langue des serpents, je suis devenue viscéralement fan d’Andrus Kivirähk. Loin des aventures déjantées qui le caractérisent, cet auteur nous livre avec Le Papillon un roman poétique et mélancolique. Entre rêve et réalité, mensonge et légende, folkore et faits réels, Le Papillon raconte l’histoire du théâtre de l’Estonia, construit en 1913 et détruit en 1944. Satire sociale, conte drolatique, on retrouve dans ce récit tous les éléments qui ont fait le succès des précédentes œuvres de Kivirähk : Le Papillon s’en démarque également par sa douceur et sa délicatesse. Loin de la violence caricaturale et des métamorphoses improbables des Groseilles de novembre, Le Papillon est d’abord une...

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Dracula, de Bram Stoker

Qui ne connaît pas le nom du plus célèbre des vampires ? Largement utilisé dans la culture populaire, le Comte Dracula est moins souvent imité : à la lecture du roman de Bram Stoker, j’ai été plutôt surprise du traitement du sujet. Plus sombre et moins sanglant, plus haletant et moins sexuel que ce à quoi je m’attendais, tel fut pour moi Dracula. Érotique sans aucun doute (n’oublions pas qu’il a été publié en 1897) mais discret, tout en allusions efficaces. Des feux follets d’Europe centrale aux tombes d’Angleterre en passant par les asiles, les navires et les trains du XIXème siècle, les paysages se succèdent sans se ressembler, dans des descriptions à la fois terrifiantes et poétiques. Roman épistolaire, l’histoire du...

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Moby Dick, de Herman Melville

Lors d’un exercice de traduction, j’ai entendu dire d’Herman Melville que certains de ces romans étaient tellement complexes que même les anglophones ne les comprenaient pas. Ce n’est heureusement pas le cas de Moby Dick, que j’ai pu lire dans le texte sans difficulté majeure de compréhension. Je n’irai toutefois pas jusqu’à dire que c’est une œuvre facile d’accès : tortueux, mélancolique, méditatif, c’est le genre de roman qu’il faut relire plusieurs fois pour en saisir pleinement la portée. De Moby Dick, je retiens le début, hautement comique, quand Ismaël se retrouve contraint de partager son lit avec le colossal Queequeg. Je garde également le souvenir de passages très philosophiques : la...

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