Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley

Frankenstein est un roman aussi court qu’intense, et l’un des plus universellement mal interprétés que je connaisse. Sans avoir lu de critiques poussées sur cette œuvre, je l’ai abordée avec en tête le cliché classique du méchant zombie à abattre. Je m’attendais à une histoire qui fait peur : Mary Shelley a écrit ce texte dans le cadre d’un concours sur le sujet de la peur (concours qu’elle a d’ailleurs remporté) et toutes les références cinématographiques à Frankenstein tournent autour de la peur. Or, pour moi, le vrai sujet de ce livre est l’amour. Vous connaissez tous le sujet : le brillant docteur Frankenstein parvient, aux termes de longues recherches, à insuffler la vie dans un corps recréé à partir de...

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Une descente dans le Maelström, d’Edgar Poe

Parmi les nombreuses nouvelles d’Edgar Poe, Une descente dans le Maelström est de celles qui m’ont le plus marquée. Le narrateur écoute un homme raconter comment il a survécu à un maelström géant qui a tué ses deux frères. Avant de lire cette nouvelle, je n’avais du maelström que l’image des films hollywoodiens : un tourbillon sans fond qui entraîne tout sur son passage. Ce qui a fait la différence est la plume d’Edgar Allan Poe. Il décrit les effets du maelström autant que son aspect, du point de vue d’un homme qui y tombe, et se fait balloter comme un fétu de paille par les vagues géantes. En le lisant, j’avais l’impression d’y être. J’étais aussi saisie que le narrateur par la beauté de ce titan...

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Le Horla, de Maupassant

Cette nouvelle est un classique, et sa réputation est méritée. Le Horla, c’est l’histoire d’un homme qu’une présence invisible poursuit sans répit. Journal intime inachevé, impossible de dire si le narrateur s’est suicidé ou s’il a perdu la raison. Dans cette nouvelle, la peur va de pair avec la folie : c’est du fantastique au sens propre, impossible de déterminer si le narrateur est fou ou si cette présence mystérieuse est réelle. L’histoire est d’autant plus intéressante que, si le Horla est réel, la peur vient toute entière du narrateur. Cette créature invisible ne fait rien de proprement effrayant : elle boit du lait, observe, change peut-être un ou deux objets de place. Mais pas de coups, pas...

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