Les Hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë

J’ai lu Les Hauts de Hurlevent trois fois en anglais, et je compte bien le relire une quatrième fois tant je trouve ce roman fascinant. Romantique aux accents gothiques, réaliste teinté de fantastique, l’œuvre d’Emily Brontë est un monde à part entière, poétique et mystérieux, lande balayée par les vents dont la beauté n’a d’égale que l’étrange cruauté. Beauté qui commence dès le titre original, Wuthering Heights, plutôt bien rendu par la traduction française. Beauté difficile d’accès aussi, pour le lecteur qui suit Mr. Lockwood, citadin dont le récit à la première personne est écrit dans un style si ampoulé qu’il a bien failli me décourager. Heureusement, c’est ensuite Nelly Dean qui prend la parole,...

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Génocides, de Thomas Disch

Comme son titre le laisse présager, ce roman des plus pessimistes imagine un avenir hostile à l’homme. Des plantes étranges envahissent notre planète, et font en quelques années disparaître toute autre forme de vie : les civilisations s’effondrent, et nous suivons un groupe contraint de se cacher sous terre pour survivre. Terrifiant huis-clos d’anticipation, Génocides rassemble des personnages banals, que les circonstances amènent à repousser leurs limites. C’est ainsi que certains tombent dans la pire caricature, tandis que d’autres s’élèvent en héros imprévus. Jusqu’à ce que tous se retrouvent confrontés à la même insupportable vérité, et tombent enfin les masques. J’ai aimé Génocides, car c’est une grande et puissante leçon de relativisation. On peut y voir...

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Le conte du genévrier, des frères Grimm

Le conte du genévrier commence comme Blanche-Neige. Il y a du sang sur la neige, il y a une marâtre et un enfant persécuté ; mais cette fois l’enfant est un garçon, et l’histoire tourne vite à la tragédie Atride. J’ai rarement lu un conte d’une telle noirceur, où les actions sanglantes côtoient l’innocence la plus pure. L’écriture est légère, presque poétique, et l’horreur succède sans prévenir à la joie de vivre. Le bon et le mauvais s’enchaînent à un rythme haletant : l’indifférence du narrateur devant les événements n’est pas sans rappeler la dureté de la vie elle-même, qui poursuit son cours quoi qu’il arrive. On retrouve également dans Le conte du genévrier beaucoup de symbolique. Le cercle...

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