Le conte du genévrier, des frères Grimm

Le conte du genévrier commence comme Blanche-Neige. Il y a du sang sur la neige, il y a une marâtre et un enfant persécuté ; mais cette fois l’enfant est un garçon, et l’histoire tourne vite à la tragédie Atride. J’ai rarement lu un conte d’une telle noirceur, où les actions sanglantes côtoient l’innocence la plus pure. L’écriture est légère, presque poétique, et l’horreur succède sans prévenir à la joie de vivre. Le bon et le mauvais s’enchaînent à un rythme haletant : l’indifférence du narrateur devant les événements n’est pas sans rappeler la dureté de la vie elle-même, qui poursuit son cours quoi qu’il arrive.

On retrouve également dans Le conte du genévrier beaucoup de symbolique. Le cercle quasi biblique de la naissance, de la mort, de la résurrection et du châtiment structure l’ensemble du conte, et la dualité est un élément omniprésent. Deux mères, deux enfants, deux vies… Qui s’articulent autour d’une pomme, d’un collier d’or, d’une paire de souliers, d’une meule et d’un arbre. Autant d’objets magiques dont l’unicité fait la force et la différence, qu’ils soient punition, récompense ou piège. On s’attardera notamment sur l’arbre, dont la fonction ici est très similaire à celle de l’arbre de Cendrillon.

Pourquoi ai-je aimé Le conte du genévrier ? Parce que je n’avais jamais rien lu qui y ressemble, et parce que l’absence de morale officielle m’a beaucoup fait réfléchir à la portée de l’histoire. Faut-il simplement en retenir une leçon classique de type « le bien triomphe toujours du mal » ? Je préfère en tirer une morale plus diffuse, sur la force de l’amour, mais aussi sur l’injustice et les hasards de la vie, dont la magie divine ne répare malheureusement pas tous les torts.

Et vous, connaissiez-vous ce conte ? Si ce n’est pas le cas, je vous invite à le lire dans sa version intégrale sur Instits et compagnie, et à me dire ce que vous en pensez. Je l’ai lu dans sa version originale, qui est un dialecte allemand, et je me suis précipitée sur ce texte en français car je n’avais pas compris grand-chose 😉

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