Cendrillon, de Perrault et de Grimm

Cendrillon est un conte universel. Qui ne connaît pas l’histoire de cette pauvre fille maltraitée par sa belle-famille, dont la beauté et la gentillesse triomphent lorsqu’elle épouse le prince que ses méchantes sœurs convoitaient ?

La juste récompense de la bonté et de l’innocence se retrouve dans de nombreux contes de fées : alors pourquoi Cendrillon est-il un des plus populaires ? Que ce soit chez Grimm ou Perrault, il y a ce détail qui n’en est pas un : la pantoufle qui permet au prince de retrouver sa dulcinée. Au-delà de la métaphore sexuelle évidente, c’est aussi le parallèle sentimental de deux âmes qui trouvent chacune « chaussure à leur pied ». C’est ce côté unique de l’amour vrai, qui ne repose pas simplement sur des qualités génériques d’apparence et de caractère, mais aussi sur des spécificités absolues telles que la taille d’un pied.

Puis il y a les apports de chaque version. Chez Perrault c’est une fée marraine, qui représente à la fois la justice divine et le coup de pouce mondain sans lequel on n’arrive à rien. Chez Grimm, c’est une magie plus diffuse, héritée de l’amour d’une mère, d’un arbre et de deux tourterelles. Perrault fait essayer la pantoufle à tout le royaume, Grimm à la maisonnée de Cendrillon seulement. Les deux Cendrillon semblent partager, derrière la modestie, une certaine coquetterie : chez Perrault elle prend plaisir à écouter ses sœurs parler d’elle sans la reconnaître, et demande à essayer la chaussure « en riant » ; chez Grimm elle s’enfuit de justesse loin du prince alors qu’aucune marraine ne l’empêche de rester.

Enfin, il y a la conclusion. La Cendrillon de Perrault pardonne à ses sœurs et les marie, puis deux morales viennent clore l’histoire, l’une attendue sur la bonté et la justice, l’autre plus surprenante sur la nécessité d’une « marraine » pour faire ses premiers pas dans la société, sans qui toute la beauté et la gentillesse du monde ne serviraient de rien. La Cendrillon de Grimm ne parle presque pas, et si elle laisse ses sœurs la suivre à son mariage (après qu’elles se soient tailladé les pieds à coups de couteau pour les faire entrer dans la pantoufle), elle ne bronche par lorsque celles-ci se font crever les yeux par les tourterelles posées sur ses épaules.

Deux versions, deux manières de conter, et d’innombrables interprétations possibles : c’est peut-être cela, la vraie magie de Cendrillon. Un mélange de justice et de mondanité, tel que nous le vivons et le rêvons au quotidien, qui n’est pas sans rappeler Orgueil et Préjugés.

Et vous, pourquoi aimez-vous Cendrillon ? Avez-vous lu d’autres versions, d’autres contes qui lui ressemblent ? N’hésitez pas à en discuter dans vos commentaires 🙂

3 Commentaires

  1. pasche magalie
    11 Nov 2017

    Il est troublant de vérité sur ma vie actuelle…Ayant commencé ma transition (mtf) ce qui a décuplé une jalousie et une haine viscerale de ma soeur avec une mère en perpetuelle admiration envers elle et du coup je n existe plus;)

  2. pasche magalie
    11 Nov 2017

    Il troublant de vérité avec ma vie actuelle…Ayant commencé une transition qui a décuplé la jalousie et la haine de ma soeur avec une mère qui l admire et essaye de vivre a travers elle…et d eplus je passe mes journée de travail à faire des ménages;)

    • Pauline Deysson
      12 Nov 2017

      Dans ce cas espérons que vous trouverez bientôt un prince charmant 🙂 Je vous souhaite beaucoup de courage et de bonheur.

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