La Mort vivante, de Stefan Wul

Avec un titre aussi intrigant que contradictoire, cette nouvelle est, des trois que j’ai lues de Stefan Wul, celle que j’ai préférée. Ce n’est pas seulement un énième scénario post-apocalyptique, doublé d’une expérimentation à la Frankenstein : c’est avant tout une passionnante réflexion sur la nature de la vie. J’ai longtemps réfléchi après l’avoir achevée, et je ne parviens toujours pas à déterminer si la fin est heureuse ou non.

La Mort vivante raconte l’histoire d’un sympathique biologiste, qui habite sur une Vénus accueillante bien que très puritaine. Mais la religion n’aime pas le savoir, et notre scientifique se retrouve contraint d’aller sur une Terre toxique, presque intégralement sous les eaux. Il y rencontre une femme qui le supplie de cloner sa fille décédée afin de la ressusciter. C’est le début d’une expérience dangereuse et passionnante, une aventure mêlée de réflexions sur la vie, et dont la somptueuse conclusion laisse le lecteur devant un mystère. Comment et sous quelles conditions la vie vaut-elle d’être vécue ? Qu’est-ce, même, que la vie ?

Comme beaucoup de textes, il faut patienter un peu pour que les enjeux se dévoilent. Le style de Wul est limpide et efficace ; son récit entremêle habilement le passé de la religion, le présent de la recherche et l’avenir de tous les possibles. À cela s’ajoute une inquiétante atmosphère de fin du monde et de château hanté, qui vient parachever le saut dans l’inconnu… Je recommande vivement cette troublante nouvelle !

Et vous, connaissez-vous cet auteur ? Les deux autres nouvelles que j’ai lues de lui sont Le Temple du passé et Piège sur Zarkass, qui sont un bel exercice de relativisation mais ne m’ont pas fait autant réfléchir que La Mort vivante. Avez-vous lu d’autres œuvres ? Qu’en avez-vous pensé ? 🙂

2 Commentaires

  1. Roman Bozena
    11 Nov 2016

    Votre newsletter m’a passionnée et l’analyse des textes me donne envie de retrouver, de relire une partie de tous ces titres.
    Je viens de relire « la mort vivante » de Stefan WUL à la suite de votre analyse; je l’ai lu en 1970 j’avais 19 ans et en aucun cas je n’y avais ressenti toutes vos propositions; je ne l’avais lu que comme le nième titre de SF que j’adorais à l’époque.
    Cette relecture avec un oeil nouveau m’a apporté beaucoup au vu des expériences heureuses ou douloureuses que la vie m’a données.
    Ce n’est pas le choix des possibles qui s’impose à Joachim mais de l’impossible qui le transcende envers et contre lui.
    Vos newsletters sont d’une grande clarté et nous donnent le choix des possibles ce qui est rare aujourd’hui.
    Merci beaucoup mademoiselle et continuez sur ce chemin. J’ai commencé à lire votre livre « Grandir ».
    Merci pour tout.

    • Pauline Deysson
      12 Nov 2016

      Merci pour votre commentaire ! Je suis heureuse que mes articles vous plaisent. Votre analyse sur Joachim est très juste et bien formulée : c’est un homme face à l’impossible, et qui n’a pas le choix.
      J’espère que vous aimerez « Grandir » et que sa lecture vous enrichira autant que mes articles 🙂

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