Le Clan des Otori, de Lian Hearn

Trilogie puis tétralogie suivie d’une préquelle, Le Clan des Otori est une série que j’ai beaucoup appréciée. Situés dans un Japon médiéval imaginaire, les romans de Lian Hearn (alias Gillian Rubinstein) mêlent deux récits à la première personne. Au point de vue de Takeo, adolescent pacifique conduit malgré lui sur la voie du guerrier, succède celui de Kaede, jeune fille élevée en otage qui ne rêve que de regagner sa liberté. Habituellement peu friande de la focalisation interne, j’ai été happée par cette saga à l’écriture fluide et poétique. Les personnages, les us et coutumes, les paysages, tout dans l’univers de Lian Hearn m’a immédiatement dépaysée. Les clans de guerriers qui se suicident à tour de bras pour ne pas perdre...

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Moby Dick, de Herman Melville

Lors d’un exercice de traduction, j’ai entendu dire d’Herman Melville que certains de ces romans étaient tellement complexes que même les anglophones ne les comprenaient pas. Ce n’est heureusement pas le cas de Moby Dick, que j’ai pu lire dans le texte sans difficulté majeure de compréhension. Je n’irai toutefois pas jusqu’à dire que c’est une œuvre facile d’accès : tortueux, mélancolique, méditatif, c’est le genre de roman qu’il faut relire plusieurs fois pour en saisir pleinement la portée. De Moby Dick, je retiens le début, hautement comique, quand Ismaël se retrouve contraint de partager son lit avec le colossal Queequeg. Je garde également le souvenir de passages très philosophiques : la...

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Zorro, d’Isabel Allende

Je ne connais de Zorro que le film de Martin Campbell, quelques épisodes de série, et le roman d’Isabel Allende. Et quel roman ! De l’action, de l’aventure, de l’amour, et des passages qui ne sont pas dénués de poésie et de réflexion : il y en a pour tous les goûts. Zorro raconte la jeunesse de Diego de la Vega, et la naissance du personnage de Zorro. De la Californie à l’Espagne, des Indiens d’Amérique aux gitans d’Europe en passant par les pirates des Caraïbes et les soldats de Napoléon, c’est une véritable épopée qui se joue devant le lecteur. De Zorro, on retient trois personnages : Diego, Bernardo et Isabel. Diego, fils d’un noble Espagnol et d’une impétueuse Amérindienne, jeune homme drôle et...

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Sapiens, de Yuval Noah Harari

Quand je lis une œuvre philosophique, j’ai pour habitude de souligner les passages que j’estime particulièrement intéressants. Avec Sapiens je n’ai rien souligné… Parce que tout le livre est absolument génial. Chaque ligne de l’œuvre de Yuval Noah Harari est un délice. Le texte est limpide, drôle, illustré d’exemples très parlants. Sa brève histoire de l’humanité est divisée en quatre parties, qui correspondent aux grandes phases de l’évolution humaine : la révolution cognitive, la révolution agricole, l’unification de l’humanité et la révolution scientifique. Comment, des chasseurs-cueilleurs originels, isolés en petits groupes d’une centaine d’individus, en sommes-nous arrivés à 7 milliards...

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L’Homme qui savait la langue des serpents, d’Andrus Kivirähk

Pourquoi classer ce roman estonien au titre évocateur dans la catégorie des Aventures réalistes ? Truffé d’animaux qui parlent et de salamandres géantes, ce livre avait une place toute trouvée dans les Mondes imaginaires. Cette ambiguïté est précisément ce qui le rend génial: dans l’univers d’Andrus Kivirähk, la magie est normale. Elle fait partie intégrante de la réalité. L’Homme qui savait la langue des serpents raconte la vie de Leemet et de son ami Ints la vipère. Il se déroule dans une Estonie médiévale lentement conquise par les chrétiens, et décrit la fin d’un paganisme mythique. C’est l’histoire du choc entre deux cultures, mais c’est surtout une formidable satire de la bêtise humaine qui nous est donnée à...

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La Violence et le Sacré, de René Girard

Cet essai étudie les liens qui unissent toutes les formes de violence à toutes les formes de sacré, dans toutes les sociétés humaines. Pourquoi, depuis les origines, nomade, sédentaire, antique ou moderne, Homo Sapiens pratique-t-il la violence envers ses semblables ? Que ce soit sous forme de sacrifice, de folie collective ou de violence individuelle, la violence hante chaque type de société. Elle naît de l’inévitable « mimétisme du désir », car toute communauté pousse ses membres à entretenir des désirs semblables. Si l’objet de ces désirs est unique, qu’il s’agisse d’amour ou d’honneurs sociaux, il en découle une rivalité : c’est cette rivalité qui est à l’origine de la violence. Ce livre demande une certaine...

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Le Décaméron, de Boccace

Le Décaméron est un recueil de cent contes du XIVème siècle. Dix personnages fuient la peste de Florence dans des palais utopiques : pour se divertir, ils racontent chacun une histoire par jour pendant dix jours. Chaque jour a un thème imposé, de l’amour aux histoires qui finissent mal en passant par les aventures dangereuses. Si le titre, l’auteur ou l’époque vous effraient, rassurez-vous : Le Décaméron est un livre résolument drôle, et étonnamment moderne. Les femmes trompent tour à tour maris trop vieux et parents trop sévères, l’intelligence triomphe de la bêtise, et peu importe que l’on soit chrétien ou athée. Quantité de fables vous sembleront familières, tant Boccace a été repris et adapté. Plusieurs contes grivois m’ont...

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