La Parure, de Maupassant

La Parure fait partie de ces nouvelles qui une fois lues ne s’oublient jamais. Maupassant y narre l’histoire tristement terrifiante de Mathilde Loisel, jeune fille peu fortunée qui deviendra victime de son goût immodéré du luxe. Invitée inespérée d’une soirée qui réunit la haute société parisienne, l’héroïne met toute sa passion au service de sa beauté : à la toilette élégante offerte par son mari s’ajoute une rivière de diamants prêtée par une riche amie. Le bal est un succès, son apparition fort remarquée fait d’elle, le temps d’un soir, la princesse qu’elle a rêvé d’être toute sa vie. Une fois de retour chez elle, le rêve vole en éclats : le collier de diamants a été perdu, et doit être remboursé....

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Le Crépuscule d’une idole, de Michel Onfray

J’ai entendu parler de ce livre au moment de sa sortie en 2010. Son sous-titre, L’affabulation freudienne, annonce clairement quel sera le propos de Michel Onfray : remettre Sigmund Freud et la psychanalyse à leur juste place. N’ayant jamais été convaincue de l’universalité du complexe d’Œdipe, et ne considérant absolument pas les femmes comme des hommes avortés obsédées par le pénis, j’étais curieuse d’en savoir davantage sur Freud, sa vie, les aberrations de sa pensée, les raisons de son succès. Le Crépuscule d’une idole n’a pas entièrement satisfait mes attentes : intéressant mais répétitif et manquant de chronologie, l’essai d’Onfray ne s’avère pas aussi percutant qu’il promettait...

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Et Nietzsche a pleuré, d’Irvin D. Yalom

Friedrich Nietzsche : philosophe de la fin du XIXème siècle, réputé pour sa pensée déconstructrice et radicale. Josef Breuer : médecin de la même époque, connu pour avoir traité le cas Anna O., premier exemple de psychanalyse par l’hypnose (qui s’est soldé par un échec total, reconnu presque un siècle plus tard). Et si ces deux hommes qui n’ont a priori rien en commun s’étaient croisés ? Tel est le postulat de départ d’Irvin D. Yalom. La rencontre entre ces deux grandes figures devient prétexte à un roman d’enseignement, qui remonte aux sources de la psychothérapie à travers le prisme de la philosophie de Nietzsche. Et Nietzsche a pleuré fait défiler une galerie de personnages ayant réellement existé. Si le philosophe semble...

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Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil, de Jean de Léry

Publié en 1578, j’ai lu le récit de voyage de ce Français protestant que fut Jean de Léry dans le cadre de mes études : je n’aurais jamais découvert autrement ce texte écrit en moyen-français, relatant l’expérience de ce missionnaire parmi les indiens Tupinambas. Traité naturaliste, carnet d’ethnologie, réflexion sociologique, aventure à la Robinson Crusoé sur fond de guerres de religion, ma lecture m’a portée de surprise en surprise. J’avais peine à croire à la fin de ce récit qu’il soit paru en pleine Renaissance, mais j’ai très bien compris les raisons de son succès et de sa quadruple réédition. Jean de Léry n’a pas pensé son œuvre comme un roman ou un texte littéraire. C’est le récit autobiographique...

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Une colère noire, de Ta-Nehisi Coates

Autobiographie ? Essai ? En lisant Une colère noire – Lettre à mon fils de Ta-Nehisi Coates, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’espérais une histoire : j’ignorais qu’elle serait aussi terrible, aussi vraie et aussi révolutionnaire que le parcours de cet auteur noir américain issu des « ghettos » de Baltimore. Une colère noire, c’est à la fois la vie et les pensées de Ta-Nehisi Coates. Une jeunesse dépossédée dans des rues qui rappellent nos cités, des enfants que l’on bat par amour, des écoles qui n’apprennent rien, une université à la croisée des cultures noires… Enfance, adolescence, paternité, ce texte est celui de plusieurs possibles, mais d’un seul démon : la peur. Peur d’être battu chez...

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Tartuffe, de Molière

Joué pour la première fois en 1664 puis réécrit en 1669, Le Tartuffe ou l’Imposteur fait partie des pièces les plus célèbres de Molière. Elle met en scène Orgon, riche bourgeois qui a recueilli chez lui Tartuffe, dévôt rencontré à l’église. Hypocrite, séducteur, glouton, cupide, il est peu de défauts qui manquent à ce pieux individu, dont Orgon et sa mère se sont entichés. Femme, fils, fille, frère et servante ne sont pas dupes, mais s’évertuent en vain à dire la vérité : l’aveugle ne croit que ce qu’il voit lui-même. Au-delà d’une simple comédie, Tartuffe est, comme beaucoup d’œuvres de Molière, une véritable satire sociale qui n’a rien perdu de sa cinglante actualité. On peut aisément transposer la pièce à notre...

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Le Papillon, d’Andrus Kivirähk

Depuis que j’ai lu L’Homme qui savait la langue des serpents, je suis devenue viscéralement fan d’Andrus Kivirähk. Loin des aventures déjantées qui le caractérisent, cet auteur nous livre avec Le Papillon un roman poétique et mélancolique. Entre rêve et réalité, mensonge et légende, folkore et faits réels, Le Papillon raconte l’histoire du théâtre de l’Estonia, construit en 1913 et détruit en 1944. Satire sociale, conte drolatique, on retrouve dans ce récit tous les éléments qui ont fait le succès des précédentes œuvres de Kivirähk : Le Papillon s’en démarque également par sa douceur et sa délicatesse. Loin de la violence caricaturale et des métamorphoses improbables des Groseilles de novembre, Le Papillon est d’abord une...

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