Petit Zacharie surnommé Cinabre, d’E.T.A. Hoffmann

‘Klein-Zach ! Klein-Zach ! Voilà voilà Klein-Zach’, entend-on dans Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Ce refrain sans conséquence dans l’opéra de 1881 trouve sa source dans le conte Petit Zacharie surnommé Cinabre, paru en 1819. Un récit original qui conte les aventures d’un nain difforme et sans intelligence, qu’une bonne fée prend en pitié. Un brin de magie, une touche de poésie et beaucoup d’humour sont au rendez-vous dans cette histoire où les traditions du conte sont prises à rebours pour mieux être réinventées. Derrière son apparente drôlerie, le conte n’est cependant pas dénué de tragique et donne à réfléchir sur de nombreux sujets. Petit Zacharie surnommé Cinabre regroupe des personnages aussi variés...

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Casse-Noisette et le Roi des souris, d’E.T.A. Hoffmann

Paru en 1816, adapté plutôt que véritablement traduit par Alexandre Dumas, repris par Tchaïkovski dans son ballet éponyme, Casse-Noisette et le Roi des souris est l’un des contes les plus connus d’Hoffmann. Grande passionnée du ballet, j’étais ravie de lire l’histoire originale et je n’ai pas été déçue ! Féerie, aventure et humour sont au rendez-vous dans ce conte où les jouets s’animent le soir de Noël, sous les yeux ébahis d’une petite spectatrice de sept ans, Marie Stahlbaum. C’est le début d’un conte plein de magie, à la croisée du rêve et de la réalité, dont Marie ne ressortira pas indemne : le casse-noisette qu’elle affectionne, aux yeux si expressifs en dépit de son absurde laideur, doit en effet...

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Le vase d’or, d’E.T.A. Hoffmann

Un jeune homme, le jour de l’Ascension, percute malencontreusement une vieille femme, qui l’accable de reproches étranges sonnant comme une malédiction. Ce qui dans la vie courante serait une anecdote amusante devient sous la plume d’Hoffmann un récit à la croisée du conte merveilleux, de la quête initiatique et de l’histoire d’amour. Magie et métamorphoses, quête poétique de l’idéal, combat de l’amour et du doute, Le vase d’or allie à ces qualités une ironie teintée de tendresse. Après avoir renversé le panier de la vieille, l’étudiant Anselme s’approche en effet d’un sureau à l’écart de la ville, où il entend chanter des couleuvres d’or aux yeux bleus… Illusion ou réalité ?...

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Les deux soeurs jalouses, de Schéhérazade (Antoine Galland)

Ce conte est le dernier des Mille et une nuits dans l’édition d’Antoine Galland publiée en 1881. Plus méconnu que d’autres, il n’en reste pas moins l’un de mes préférés. Comme son titre ne l’indique pas, Les deux sœurs jalouses narre les aventures des enfants d’une cadette malheureuse. Devenue épouse du sultan de Perse par un heureux souhait, cette jeune fille se retrouve victime de la jalousie de ses sœurs, qui enlèvent ses enfants à leur naissance, et prétendent au sultan que sa femme a mis au monde un chiot, un chaton et un bout de bois. Le mari crédule emprisonne et humilie publiquement sa reine pendant plusieurs années, alors que les enfants grandissent en secret chez l’intendant des jardins… Leurs ennuis...

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La fille du roi de la vase, de Hans Christian Andersen

Publié en 1858, je suis tombée sur ce conte par hasard en poursuivant ma lecture des contes d’Andersen en version intégrale (merci ô mécène). Presque aussi long que La Reine des Neiges, mais bien moins célèbre, La fille du roi de la vase relate les aventures d’Helga, issue de l’union improbable du roi de la vase, tronc d’aulne aux branches marécageuses, et de la princesse d’Égypte, jeune femme d’une incomparable beauté. Tragique, poétique, mystérieux, haletant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce conte qui ne ressemble à aucun autre. Belle jeune fille assoiffée de sang le jour, triste crapaud hideux la nuit, tel est en effet l’héritage de la petite Helga, sauvée par des cigognes et adoptée par des Vikings. En...

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La Belle au bois dormant, de Charles Perrault

Parue en 1696, nous connaissons tous l’histoire de la princesse endormie que le baiser d’un prince éveilla au bout de cent ans. Mais beaucoup ignorent que Perrault, à l’inverse de Grimm, poursuit l’histoire plus avant. Des amours du prince et de la belle naissent deux enfants, Aurore et Jour, qui manquent de peu de se faire dévorer par leur grand-mère paternelle au sang d’ogresse ; la mère du prince aurait même mangé sa bru si l’entrée impromptue de son fils ne l’avait poussée à un heureux suicide. La morale que propose Perrault est étrange : il loue la patience féminine tout en reconnaissant qu’une trop longue attente avant le mariage est pénible aux amoureux. Poétique, drôle, mystérieux, que penser de La Belle au...

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La Reine des Neiges, de Hans Christian Andersen

Paru en 1844, La Reine des Neiges se divise en sept histoires. La première relate comment le miroir maléfique fabriqué par le diable a éclaté en milliards de morceaux qui se sont répandus sur la terre. Les autres récits narrent les aventures de Gerda, qui parcourt par le vaste monde pour retrouver son ami Kay, enlevé par la Reine des Neiges alors que des fragments de miroir s’étaient logés dans son œil et dans son cœur. De l’éternel été du jardin de la magicienne à l’humble chaumière de la Finnoise en passant par le palais royal et le repaire des brigands, ce conte très poétique a également une grande portée philosophique. Si Gerda représente l’innocence, l’affection et la pureté traditionnellement associées à l’enfance, la...

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