Les deux soeurs jalouses, de Schéhérazade (Antoine Galland)

Ce conte est le dernier des Mille et une nuits dans l’édition d’Antoine Galland publiée en 1881. Plus méconnu que d’autres, il n’en reste pas moins l’un de mes préférés. Comme son titre ne l’indique pas, Les deux sœurs jalouses narre les aventures des enfants d’une cadette malheureuse. Devenue épouse du sultan de Perse par un heureux souhait, cette jeune fille se retrouve victime de la jalousie de ses sœurs, qui enlèvent ses enfants à leur naissance, et prétendent au sultan que sa femme a mis au monde un chiot, un chaton et un bout de bois. Le mari crédule emprisonne et humilie publiquement sa reine pendant plusieurs années, alors que les enfants grandissent en secret chez l’intendant des jardins… Leurs ennuis...

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La fille du roi de la vase, de Hans Christian Andersen

Publié en 1858, je suis tombée sur ce conte par hasard en poursuivant ma lecture des contes d’Andersen en version intégrale (merci ô mécène). Presque aussi long que La Reine des Neiges, mais bien moins célèbre, La fille du roi de la vase relate les aventures d’Helga, issue de l’union improbable du roi de la vase, tronc d’aulne aux branches marécageuses, et de la princesse d’Égypte, jeune femme d’une incomparable beauté. Tragique, poétique, mystérieux, haletant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce conte qui ne ressemble à aucun autre. Belle jeune fille assoiffée de sang le jour, triste crapaud hideux la nuit, tel est en effet l’héritage de la petite Helga, sauvée par des cigognes et adoptée par des Vikings. En...

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La Belle au bois dormant, de Charles Perrault

Parue en 1696, nous connaissons tous l’histoire de la princesse endormie que le baiser d’un prince éveilla au bout de cent ans. Mais beaucoup ignorent que Perrault, à l’inverse de Grimm, poursuit l’histoire plus avant. Des amours du prince et de la belle naissent deux enfants, Aurore et Jour, qui manquent de peu de se faire dévorer par leur grand-mère paternelle au sang d’ogresse ; la mère du prince aurait même mangé sa bru si l’entrée impromptue de son fils ne l’avait poussée à un heureux suicide. La morale que propose Perrault est étrange : il loue la patience féminine tout en reconnaissant qu’une trop longue attente avant le mariage est pénible aux amoureux. Poétique, drôle, mystérieux, que penser de La Belle au...

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La Reine des Neiges, de Hans Christian Andersen

Paru en 1844, La Reine des Neiges se divise en sept histoires. La première relate comment le miroir maléfique fabriqué par le diable a éclaté en milliards de morceaux qui se sont répandus sur la terre. Les autres récits narrent les aventures de Gerda, qui parcourt par le vaste monde pour retrouver son ami Kay, enlevé par la Reine des Neiges alors que des fragments de miroir s’étaient logés dans son œil et dans son cœur. De l’éternel été du jardin de la magicienne à l’humble chaumière de la Finnoise en passant par le palais royal et le repaire des brigands, ce conte très poétique a également une grande portée philosophique. Si Gerda représente l’innocence, l’affection et la pureté traditionnellement associées à l’enfance, la...

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Le prince Fatal et le prince Fortuné, de Mme Leprince de Beaumont

Auteur de la version moderne de La Belle et la Bête, Mme Leprince de Beaumont a écrit de nombreux autres contes, dans la plus pure tradition du XVIIIème siècle. Chacun d’entre eux souligne l’importance de la vertu, de l’éducation et de la droiture en toutes choses, mais Le prince Fatal et le prince Fortuné fait partie des plus originaux. C’est le récit de deux frères jumeaux : Fatal, doté par sa fée marraine « de toutes sortes de malheurs jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans », et Fortuné, dont sa mère a souhaité « qu’il réussisse toujours dans tout ce qu’il voudra faire ». Deux dons qui marquent pour le pauvre Fatal le début d’une série d’injustices, et qui réservent quelques surprises aux parents du...

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La Petite Sirène, de Hans Christian Andersen

Un palais sous-marin empli de sable fin, de perles et de fleurs merveilleuses. Des sirènes à la longue chevelure et aux voix enchanteresses. Un amour impossible, jalonné de souffrance et de sacrifices… Si toutes les adaptations de La Petite Sirène sont fidèles à l’un de ces aspects du conte, aucune n’égale l’œuvre originale de Hans Christian Andersen. Poésie, magie et tragédie y dialoguent, tissant un texte d’une grande beauté. Avec Frankenstein, ce conte est l’une des plus belles histoires d’amour que j’aie lues : la créature et la sirène ont en commun de n’avoir pas de nom, et d’aimer sans être aimés en retour. S’il n’est sans doute pas nécessaire de résumer cette histoire que nous...

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Les contes de l’Alhambra, de Washington Irving

Où classer cette œuvre aux multiples facettes ? Les contes de l’Alhambra de Washington Irving est-il assez connu pour figurer parmi les grands classiques ? J’ai préféré placer ce curieux volume, à la croisée du récit de voyage et du recueil de contes, dans la rubrique des contes et nouvelles. L’histoire qu’a vécue Washington Irving est un conte à elle seule : logé dans les appartements du gouverneur, au cœur du palais de l’Alhambra à Grenade, pendant plusieurs semaines, l’auteur de La Légende de Sleepy Hollow nous décrit les tours écarlates, les arabesques des salons et les jardins intérieurs tels qu’ils étaient en 1832. Pourrait-on ajouter l’étiquette de guide touristique à ce livre hors normes ? La première partie...

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