Les deux sœurs jalouses, de Schéhérazade (Antoine Galland)

Ce conte est le dernier des Mille et une nuits dans l’édition d’Antoine Galland publiée en 1881. Plus méconnu que d’autres, il n’en reste pas moins l’un de mes préférés. Comme son titre ne l’indique pas, Les deux sœurs jalouses narre les aventures des enfants d’une cadette malheureuse. Devenue épouse du sultan de Perse par un heureux souhait, cette jeune fille se retrouve victime de la jalousie de ses sœurs, qui enlèvent ses enfants à leur naissance, et prétendent au sultan que sa femme a mis au monde un chiot, un chaton et un bout de bois. Le mari crédule emprisonne et humilie publiquement sa reine pendant plusieurs années, alors que les enfants grandissent en secret chez l’intendant des jardins…

Leurs aventures commencent lorsque, devenus adultes, ils partent en quête de l’oiseau qui parle, de l’arbre qui chante et de l’eau qui danse. Ces trois merveilles dignes des plus beaux palais attisent la convoitise de bien des aventuriers, parmi lesquels la princesse Parizade, dernier enfant de la sultane malheureuse. Mais tous ceux qui se lancent à leur poursuite finissent changés en pierre… On retrouve dans Les deux sœurs jalouses des archétypes parfaits, emblématiques des contes de fées, mais également des personnages plus originaux, telle Parizade qui ne craint pas de quitter sa condition de femme et n’est pas sans rappeler Marmoisan.

Aventure, ruse et exotisme sont au rendez-vous dans ce conte, qui est l’un des rares dans l’édition d’Antoine Galland à placer l’adresse des femmes au-dessus de celle des hommes. La morale, bien qu’assez classique, demeure plus que jamais d’actualité en ces temps de fake news : Les deux sœurs jalouses exhorte à l’honnêteté, à la modestie et au courage, mais se veut également un avertissement contre la crédulité. Au bon sens du sultan rappelant à ses hôtes que les perles ne se mangent pas, l’oiseau qui parle s’étonne que Sa Majesté soit « dans un étonnement si grand d’une farce de perles qu’elle voit de ses yeux, elle qui a cru si facilement que la sultane son épouse était accouchée d’un chien, d’un chat et d’un morceau de bois. »

Et vous, avez-vous lu Les deux sœurs jalouses ? Quel conte des Mille et une nuits préférez-vous ? Outre la poésie d’un oiseau qui parle, d’un arbre qui chante et d’une eau qui danse, j’ai adoré la variété des aventures vécues par les protagonistes, et la manière dont le sultan se faisait remettre à sa place par l’oiseau qui parle. Si vous souhaitez le lire, il est disponible sur Wikisource ! 🙂

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