Petit Zacharie surnommé Cinabre, d’E.T.A. Hoffmann

‘Klein-Zach ! Klein-Zach ! Voilà voilà Klein-Zach’, entend-on dans Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Ce refrain sans conséquence dans l’opéra de 1881 trouve sa source dans le conte Petit Zacharie surnommé Cinabre, paru en 1819. Un récit original qui conte les aventures d’un nain difforme et sans intelligence, qu’une bonne fée prend en pitié. Un brin de magie, une touche de poésie et beaucoup d’humour sont au rendez-vous dans cette histoire où les traditions du conte sont prises à rebours pour mieux être réinventées. Derrière son apparente drôlerie, le conte n’est cependant pas dénué de tragique et donne à réfléchir sur de nombreux sujets.

Petit Zacharie surnommé Cinabre regroupe des personnages aussi variés qu’originaux. Zacharie est toujours perçu à travers d’autres protagonistes, à commencer par sa mère qu’il insupporte et par la fée Rosabelverde qui le prend en pitié. Quelques années plus tard vient ensuite Balthasar, étudiant poète dans l’âme qui n’est pas sans rappeler Anselme, et son ami Fabian, d’un cynisme plus cruel. Candida, joyeuse et inconséquente, porte bien son nom, fille du savant et pédant Mosch Terpin ; le savant Prosper Alpanus fait figure de vieux sage dont le roi Barsanuph, aisément abusé, gagnerait à s’inspirer. Autant de types qui ajoutent au comique du conte une satire sociale non dénuée de justesse.

Comme Casse-Noisette, la morale de Petit Zacharie surnommé Cinabre est loin d’être évidente. Le regard des autres est au centre de l’intrigue, tour à tour favorable, erroné ou accusateur, révélant la difficulté à trouver un juste milieu. Quel sort mérite véritablement Cinabre ? La fée s’est-elle montrée trop bonne avec lui ? Comment considérer quelqu’un dont la hideuse apparence va de pair avec l’horrible caractère sans tomber dans la cruauté gratuite ? Le destin de Cinabre était-il inéluctable ? L’ignorance est pour moi la véritable ennemie dans ce conte étrange, antagoniste d’autant plus dangereux lorsqu’elle se dissimule derrière les lumières d’un prince ou la science d’un professeur. Ignorance dont seul se garde Balthasar, figure du poète chère à Hoffmann, guidé par son cœur plutôt que par son esprit, qui s’abstient de juger trop vite ce qu’il voit.

Et vous, avez-vous lu Petit Zacharie surnommé Cinabre ? Qu’en avez-vous pensé ? Quelle morale tirez-vous de cette histoire insolite ? J’ai adoré ce conte aussi drôle qu’imprévisible, qui rafraîchit considérablement le genre. N’hésitez pas à vous rendre sur Wikisource pour le découvrir si vous ne l’avez pas lu ! 😉

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