La Parure, de Maupassant

La Parure fait partie de ces nouvelles qui une fois lues ne s’oublient jamais. Maupassant y narre l’histoire tristement terrifiante de Mathilde Loisel, jeune fille peu fortunée qui deviendra victime de son goût immodéré du luxe. Invitée inespérée d’une soirée qui réunit la haute société parisienne, l’héroïne met toute sa passion au service de sa beauté : à la toilette élégante offerte par son mari s’ajoute une rivière de diamants prêtée par une riche amie. Le bal est un succès, son apparition fort remarquée fait d’elle, le temps d’un soir, la princesse qu’elle a rêvé d’être toute sa vie. Une fois de retour chez elle, le rêve vole en éclats : le collier de diamants a été perdu, et doit être remboursé....

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Les deux soeurs jalouses, de Schéhérazade (Antoine Galland)

Ce conte est le dernier des Mille et une nuits dans l’édition d’Antoine Galland publiée en 1881. Plus méconnu que d’autres, il n’en reste pas moins l’un de mes préférés. Comme son titre ne l’indique pas, Les deux sœurs jalouses narre les aventures des enfants d’une cadette malheureuse. Devenue épouse du sultan de Perse par un heureux souhait, cette jeune fille se retrouve victime de la jalousie de ses sœurs, qui enlèvent ses enfants à leur naissance, et prétendent au sultan que sa femme a mis au monde un chiot, un chaton et un bout de bois. Le mari crédule emprisonne et humilie publiquement sa reine pendant plusieurs années, alors que les enfants grandissent en secret chez l’intendant des jardins… Leurs ennuis...

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Sortilège, de M. R. James

Salué par Lovecraft, Montague Rhodes James est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles fantastiques. Méconnu en France, il est cependant resté célèbre parmi les Anglosaxons, qui le considèrent comme un précurseur du genre. Recherchant un volume de Henry James, j’ai acheté par mégarde les Histoires de fantômes de M. R. James… Et je ne le regrette pas. Son style léger, non dénué d’humour, happe immédiatement le lecteur dans chacune de ses nouvelles. En quelques lignes, les personnages sont posés et l’ambiance anglaise est au rendez-vous… Subrepticement, ce quotidien de tasses de thé et de vieux papiers nous entraîne dans la peur et le surnaturel : c’est dans Sortilège que le talent de M. R. James est pour moi à son...

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La fille du roi de la vase, de Hans Christian Andersen

Publié en 1858, je suis tombée sur ce conte par hasard en poursuivant ma lecture des contes d’Andersen en version intégrale (merci ô mécène). Presque aussi long que La Reine des Neiges, mais bien moins célèbre, La fille du roi de la vase relate les aventures d’Helga, issue de l’union improbable du roi de la vase, tronc d’aulne aux branches marécageuses, et de la princesse d’Égypte, jeune femme d’une incomparable beauté. Tragique, poétique, mystérieux, haletant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce conte qui ne ressemble à aucun autre. Belle jeune fille assoiffée de sang le jour, triste crapaud hideux la nuit, tel est en effet l’héritage de la petite Helga, sauvée par des cigognes et adoptée par des Vikings. En...

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La Belle au bois dormant, de Charles Perrault

Parue en 1696, nous connaissons tous l’histoire de la princesse endormie que le baiser d’un prince éveilla au bout de cent ans. Mais beaucoup ignorent que Perrault, à l’inverse de Grimm, poursuit l’histoire plus avant. Des amours du prince et de la belle naissent deux enfants, Aurore et Jour, qui manquent de peu de se faire dévorer par leur grand-mère paternelle au sang d’ogresse ; la mère du prince aurait même mangé sa bru si l’entrée impromptue de son fils ne l’avait poussée à un heureux suicide. La morale que propose Perrault est étrange : il loue la patience féminine tout en reconnaissant qu’une trop longue attente avant le mariage est pénible aux amoureux. Poétique, drôle, mystérieux, que penser de La Belle au...

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