Aladdin ou la Lampe merveilleuse, de Schéhérazade (Antoine Galland)

Conte emblématique des Mille et une nuits, tout le monde connaît l’histoire d’Aladdin ou la Lampe merveilleuse. Moins nombreux en revanche sont ceux qui savent que le récit se passe en Chine, qu’Aladdin est « méchant, opiniâtre et désobéissant », que le sorcier qu’il combat a un frère et que la fille du sultan se nomme Badroulboudour. Ce sont autant de détails que permet de savourer la version d’Antoine Galland, longue de près de 200 pages. Comme souvent avec Schéhérazade, magie, rebondissements et exotisme sont au rendez-vous dans cette fable, toutefois moins rythmée qu’Ali Baba et les quarante voleurs.

Si Aladdin est le personnage principal de l’histoire, il est intéressant de noter que son caractère diffère notablement des héros habituels. Vagabond paresseux, c’est paradoxalement un heureux hasard qui met sur sa route le redoutable magicien africain. Aladdin saura se montrer reconnaissant, mais aussi courageux, curieux et déterminé. Il incarne une forme de rédemption : c’est l’exemple d’un homme qui prend son destin en main et saisit la chance qui lui est donnée sans pour autant se laisser emporter par des désirs immodérés. Face à lui, les magiciens africains s’avèrent être des antagonistes classiques et la princesse Badroulboudour tient un rôle plutôt discret.

La morale d’Aladdin ou la Lampe merveilleuse est sans surprise, récompensant les qualités telles que le sens de la mesure, la patience et l’honnêteté, et punissant l’avidité et le mensonge. Le conte donne cependant trop à mon goût dans le délire architectural, décrivant durant des pages et des pages la qualité du palais d’Aladdin et des pierres précieuses dont il regorge, allant jusqu’à faire un événement de la finition d’une jalousie à l’intérieur d’un salon. Sa véritable originalité réside pour moi dans les détails : ainsi d’Aladdin apprenant les manières du beau monde par l’exemple ou du sultan qui manque d’entraîner une révolution par son abus du pouvoir absolu. Surtout, je m’interroge sur l’extrême laideur des génies de la lampe et de l’anneau : leur figure ne serait-elle pas le reflet des désirs humains ?

Et vous, avez-vous lu Aladdin ou la Lampe merveilleuse ? Qu’en avez-vous pensé ? J’apprécie la manière dont Aladdin utilise la magie des génies, à proportion des objectifs qu’il se fixe : son ascension au sommet de la société est décrite avec une certaine vraisemblance puisqu’elle est aussi bien matérielle qu’intellectuelle. Si vous désirez lire le conte original, il est disponible gratuitement sur Wikisource !

 

Illustration d'Aladdin par Edmund Dulac

La première apparition du génie de la Lampe terrorise la mère d’Aladdin. Le jeune homme fait cependant preuve de présence d’esprit et ne craint pas de donner ses ordres au génie. Cette scène est fidèlement rendue par Edmund Dulac !

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