Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon, de la Comtesse de Ségur

Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon est le premier conte de la Comtesse de Ségur que j’ai lu. J’ai tout de suite été happée dans l’histoire de l’innocence princesse haïe par sa belle-mère, qui tente de la perdre dans l’immense forêt des lilas, où elle est sauvée par un chat blanc comprenant la langue des hommes. À la fois conte de fées classique et petit récit d’apprentissage, plein d’imagination, de poésie et de magie, ce texte fait partie de ceux qui se relisent avec un plaisir : didactique, il n’en reste pas moins distrayant et parvient à mettre en scène des personnages non dénués de complexité.

Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon met en scène ses trois héros éponymes, ainsi qu’une ribambelle de personnages secondaires. La princesse Blondine est l’archétype de l’héroïne parfaite à tous égards, mais la Comtesse de Ségur évite les écueils du conte précieux en lui donnant un défaut universel capable de piéger les meilleurs d’entre nous ; la fadeur de ses compagnons Bonne-Biche et Beau-Minon est rattrapée par la complexité des personnages secondaires, comme sa demi-sœur Brunette ou encore le page Gourmandinet. L’originalité des lieux traversés, des antagonistes et des épreuves subies par Blandine contribue à faire de ce conte une fable savoureuse.

La morale de Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon, si elle est assez classique, n’en reste pas moins très juste, s’attardant sur le pouvoir du repentir plutôt que sur l’absence de faute. On retrouve dans le caractère opposé des sœurs un peu de la croyance mise en scène dans Le prince Fatal et le prince Fortuné, de Mme Leprince de Beaumont, et la situation initiale du conte rappelle bien sûr Blanche-Neige. Néanmoins, ce sont surtout la Rose et le Perroquet, la fatalité et la vanité, qui font le sel de cette histoire où, si tous sont capables de tomber, chacun a le pouvoir de se relever, en prenant sur soi et en dominant son caractère.

Et vous, avez-vous lu Blandine, Bonne-Biche et Beau-Minon ? Qu’en avez-vous pensé ? J’aime particulièrement l’épreuve du voyage sur le dos de la tortue, dont j’avais transformé les six mois en six ans, défi de patience et d’une forme d’endurance différente de celle que l’on voit dans Les Cygnes sauvages d’Andersen. Si vous souhaitez lire l’histoire originale, elle est disponible gratuitement sur Wikisource !

 

Illustration de la scène du perroquet

Le perroquet n’est pas un animal très courant dans les contes : son utilisation dans Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon est particulièrement intéressante.

Illustration du voyage à dos de tortue

La langueur et la longueur d’un voyage à dos de tortue où l’on ne dort jamais sont très bien rendues dans cette illustration.

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