L’Historienne et Drakula, d’Elizabeth Kostova

J’ai découvert L’Historienne et Drakula au détour d’une librairie en Espagne, il y a quelques années. Désireuse de m’améliorer dans la langue de Cervantès, je l’ai acheté sans me rendre compte qu’il s’agissait à l’origine d’un roman américain. Qu’importe : me voilà partie sur les traces du vampire immortalisé par Bram Stoker. Fille d’un historien et d’une anthropologue disparue peu de temps après sa naissance, la narratrice découvre, à l’âge de seize ans, un étrange livre dans la bibliothèque de son père. C’est le début d’une série de récits enchâssés sous forme de lettres, qui nous conduiront de l’Angleterre à la Turquie en passant par la Hongrie, la Bulgarie et, bien sûr, la Roumanie, sur fond mêlé de Guerre Froide et d’empire ottoman.

L’Historienne et Drakula tourne autour de quatre protagonistes : un professeur de thèse charismatique, la narratrice et ses parents. On voit principalement ces derniers, dans leur recherche de Dracula à travers l’Europe, où ils forment un couple assez classique mais agréable à suivre. L’histoire aurait pu tenir la route, entre suspens, fantastique et aventure, si ceux qui lui donnent son titre n’en avaient été complètement absents : entre la narratrice, tellement fade que son prénom n’est pas révélé, et Dracula qui apparaît pendant 3 pages sur un total de 700, c’est à qui se fera le plus discret. Les personnages secondaires interviennent quant à eux de manière bien trop providentielle et ponctuelle pour être crédibles.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par L’Historienne et Drakula. Quand elles ne restent pas sans réponse, les innombrables questions qui surgissent au fil du roman aboutissent à des explications ridicules, voire comiques : rien de pire pour gâcher le suspens par ailleurs bien entretenu. J’ai parfois apprécié les descriptions, qui me plongeaient dans des ambiances variées, mais elles sont trop nombreuses et leur style alambiqué ralentit le rythme du récit. Pour un roman qui se veut centré sur l’Histoire, je n’ai pas appris grand-chose, tant la vie de Vlad Tepes s’avère survolée, tout comme les luttes entre l’empire ottoman et les royaumes d’Europe centrale. C’est un ensemble de fragments qui manque cruellement de vue d’ensemble ; même le pouvoir des vampires n’obéit à aucune cohérence.

Et vous, avez-vous lu L’Historienne et Drakula ? Qu’en avez-vous pensé ? Ne l’ayant pas lu en français, je n’ai pas été coupée dans ma lancée par la division en deux tomes pour laquelle ont opté nos éditeurs, que je trouve absurde. Le roman comporte trois parties, mais je n’ai pas non plus vu d’intérêt particulier à cette répartition, puisque le livre suit le même rythme du début à la fin et souffre de problèmes constants.

 

Ce portrait du XVème siècle montre le voïvode Vlad III Tepes, dit l’Empaleur. Ce fils de Vlad Dracul, alias Draculea (le Dragonneau) est le personnage historique autour duquel tourne ce roman.

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