Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir

Catalogue de l’exposition éponyme organisée par le musée d’Orsay en 2014, Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir se veut un parcours à travers l’œuvre de l’un des plus célèbres illustrateurs du XIXème siècle. Caricaturiste à 15 ans, dessinateur dès son plus jeune âge, violoniste à ses heures perdues, illustrateur, graveur, peintre puis sculpteur, Gustave Doré fait figure de prodige touche à tout. Ce beau livre est l’occasion de reparcourir la vie et le travail d’un homme dont l’ambition démesurée n’eut d’égale que l’inépuisable capacité de travail. Humour, conte, poésie, Histoire, mythologie, religion, aventures diverses et variées, Gustave Doré a contribué à graver dans nos mémoires autant de récits que d’images reprises parfois inconsciemment par la postérité.

Certains le connaissent pour les contes de Perrault, d’autres grâce à Rabelais ou à la Bible, ou encore par l’intermédiaire de Don Quichotte ou de L’Enfer : rares sont les domaines que l’artiste n’a pas arpentés. Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir propose un cheminement à la fois thématique, chronologique et géographique : des articles rédigés par différents spécialistes analysent chacun un aspect de l’œuvre de Gustave Doré, laissant au lecteur le soin de construire son interprétation personnelle. De ses travaux pour les journaux à ses séjours en Espagne et à Londres en passant par sa peinture chrétienne et ses essais sculpturaux, rien n’est laissé de côté dans le fourmillement de l’existence assoiffée de gloire de cet esprit visionnaire.

Chaque chapitre de Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir est suivi d’un arrêt sur image autour d’une création représentative de la thématique abordée. Le Néophyte, L’Énigme, Le Poème de la vigne sont autant de preuves du talent graphique et de l’originalité de Gustave Doré, mais surtout de sa finesse d’interprétation. Si elles ont été autant reprises, copiées, adaptées et adulées dans le monde entier, c’est parce que les images de cet artiste hors-normes allient au grandiose d’une émotion amplifiée la finesse du détail évocateur et le sens de la mise en scène, multipliant les jeux de lumière et les reliefs pour créer des atmosphères à part entière que l’on pourrait passer des heures à interpréter.

Et vous, avez-vous visité l’exposition Gustave Doré, l’imaginaire au pouvoir ? Qu’en avez-vous pensé ? J’ai beaucoup apprécié ce beau livre qui met en valeur le travail de Gustave Doré à l’appui d’articles aussi intéressants que bien écrits. Je suis particulièrement curieuse de lire L’Histoire de la Sainte Russie, qui me paraît plein d’humour et très futuriste pour l’époque ! Cet artiste protéiforme et emblématique fait partie de ceux dont les illustrations décuplent le pouvoir évocateur d’un livre, et auxquels je pensais en écrivant mon article sur les livres illustrés.

 

Le Néophyte

Gustave Doré signe avec Le Néophyte une gravure saisissante qui capte immédiatement l’œil du spectateur par son jeu de lumière et le contraste entre le personnage central et ceux qui l’entourent.

À Saute-Mouton, ou Joyeuseté

J’adore cette sculpture, surnommée Joyeuseté : on y retrouve une insolence, couplée à une grande précision du détail et à un talent technique qui font tout le sel de Gustave Doré.

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