Don Quichotte, de Miguel de Cervantes

Drôle, absurde, philosophique, romanesque, satirique, les adjectifs pour qualifier le chef d’œuvre de Cervantes ne manquent pas. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche raconte les aventures d’un aristocrate espagnol décati, qui a tellement lu de romans médiévaux qu’il finit par prendre la fiction pour la réalité. Le voilà parti de chez lui, monté sur son vieux cheval Rossinante, pour parcourir le vaste monde. Son objectif : sauver les demoiselles en détresse des vilains enchanteurs et aider les nobles cœurs qui croiseront sa route. En chemin, il rencontre un paysan, Sancho Panza, qu’il prend pour écuyer ; de temps à autre, il se remémore avec tendresse Dulcinée, la douce amante (imaginaire) qu’il laisse derrière lui.

Une fois posés les personnages débute un long voyage de deux parties, 125 chapitres et près de 1000 pages, à travers le centre de l’Espagne. Les petites mésaventures succèdent aux grandes farces, parmi lesquelles l’attaque contre les moulins à vent, que Don Quichotte prend pour des géants. Si ce roman m’a fait rire, il m’a aussi frappée à bien des égards. Parfois difficile d’accès (je l’ai lu en Espagnol), le plus ardu pour moi a été de comprendre le sens de l’histoire. Les personnages évoluent peu entre le début et la fin : Don Quichotte reste fou jusqu’au bout (ou presque), Sancho Panza conserve sa naïveté et Dulcinée brille par son absence. Les épisodes se succèdent sans réelle morale et le lecteur doit répondre seul à la question : pourquoi ?

Pourquoi Cervantes a-t-il écrit Don Quichotte ? Doit-on le lire comme une parodie des romans de chevalerie, une dénonciation des idéaux hypocrites de la noblesse du siècle d’or espagnol ou une fresque sociale faisant l’éloge du bon sens populaire ? Personne ne détient la réponse, et c’est peut-être ce qui fait de ce roman un succès jamais démenti. Chaque époque y a vu un sens différent, chaque classe sociale y a vu ses vices et ses vertus. Don Quichotte, ce sont aussi deux versions du monde qui s’affrontent : la poésie et la réalité, l’imaginaire des contes et la routine du quotidien, la tradition et la modernité. Sans doute la vérité se trouve-t-elle à la croisée de ces interprétations ?

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà lu Don Quichotte, ou une autre œuvre de Cervantes ? Malgré son caractère déroutant, j’ai apprécié les aventures du chevalier de la Manche, dont on ne peut nier le caractère hautement comique. Je lirai avec plaisir vos commentaires ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

cinq + 16 =

Par ici, lecteur !

Cet article vous a plu ? Parlez-en autour de vous !