Terremer, d’Ursula Le Guin

Le cycle de Terremer regroupe cinq romans et un recueil de contes, ainsi que deux nouvelles que je n’ai pas lues. Situés dans l’archipel imaginaire de Terremer, les récits d’Ursula Le Guin se centrent tour à tour sur différents personnages pour composer une vaste fresque où l’épopée dialogue avec la magie, l’humour et la poésie. Sorcier taciturne, femme magicienne, fille-dragon, prince aventureux, amants, paysans, marins et pirates se donnent la réplique au fil des histoires pour composer un univers empreint de mythes et de beauté. Cette alternance des points de vue fait toute la richesse de Terremer, dont chaque lecteur est libre de se faire une image globale à partir des détails livrées par l’auteur.

Autant vous prévenir, je n’ai absolument pas accroché à Ged, le protagoniste le plus important de la série. Son caractère borné, mutique, égoïste et passant systématiquement à côté de l’essentiel m’a agacée au plus haut point. De manière générale, j’ai préféré les personnages des contes à ceux des romans : ils m’ont semblé plus originaux et plus vivants. En revanche, les romans ont pour eux de sublimes descriptions qui font surgir sans peine les rivages de Terremer dans l’imaginaire. Les sombres tombeaux d’Atuan, plongés dans l’obscurité la plus totale, le royaume des morts avec ses ombres errantes, les rivages lointains de l’île des dragons sont autant de lieux dont la simple évocation fait rêver.

Ce que j’ai le plus apprécié dans Terremer est la pertinence de l’énigme du royaume des morts, qui monte en puissance au fil des romans. Brillamment incarnée dans Le Sorcier de Terremer, la peur de la mort se renforce dans Les Tombeaux d’Atuan pour se développer dans toute son ampleur avec L’Ultime RivageTehanu et Le Vent d’Ailleurs y répondent avec une profonde cohérence narrative et métaphorique, qui pourrait faire passer Terremer pour un lointain mythe de notre présent. Comme dans Le Seigneur des anneaux, les récits d’Ursula Le Guin créent leur propre passé par une série d’allusions, qui sont autant de touches de pinceaux donnant à Terremer la saveur de l’exotisme.

Et vous, avez-vous lu Terremer ? Qu’en avez-vous pensé ? Même si Ursula Le Guin ne m’a pas autant emballée que Michael Ende a que L’Histoire sans Fin, j’ai adoré voyagé dans les îles de Terremer. Je lirai avec plaisir vos commentaires ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

13 − huit =

Par ici, lecteur !

Cet article vous a plu ? Parlez-en autour de vous !