Maisons-Alfort : le salon des auteurs indépendants

Un vent frais que n’atténuent pas les rayons du soleil m’accompagne ce samedi 13 avril 2019, alors que je franchis les portes du salon des auteurs indépendants, organisé par Jean-Marc Irlès, où j’ai la chance d’avoir un stand. La salle où se tient l’événement est spacieuse et bien éclairée : nos stands étiquetés sont prêts à porter nos livres dans un agencement qui n’est pas sans rappeler le salon de Loos, en plus petit. Nous sommes une trentaine d’auteurs, aux stands plus imaginatifs les uns que les autres. Le café et les madeleines préparés par l’équipe du Lieu Commun achèvent de nous mettre de bonne humeur en cette belle et prometteuse journée.

Je fais connaissance avec ma voisine, Catherine Berthon, dont le roman Les parents d’élèves et MOI ! retrace l’engagement imprévu (et partiellement autobiographique) d’une mère souhaitant le meilleur pour son fils qui entre au lycée. Je file ensuite saluer Bernard Prou, désormais auteur de quatre romans, toujours aussi jovial et naturel. Son stand trône dans l’entrée, près de celui de Jean-Marc Irlès. Non loin, la couverture de Née comme telle, d’Alyson Lascaux, attire mon regard : je reste estomaquée lorsque j’apprends que l’auteur, dont c’est le troisième livre, est en Terminale ! Sachant le temps que prend l’autoédition, j’admire l’audace dont elle a fait preuve pour se lancer si tôt.

De retour à mon stand, je distribue quelques marque-pages à des amis d’auteurs et discute avec deux petits éditeurs. Eux aussi peinent à trouver un modèle économique stable, entre le temps à consacrer à leur métier et l’argent pris par les imprimeurs et les distributeurs. Vers 11h, aucun lecteur n’ayant montré le bout de son nez, je reprends ma promenade. J’échange quelques mots avec Cécile Soler, ancienne journaliste sportive, auteur d’une série jeunesse autour du patinage artistique, Arcadia. Je suis ensuite attirée par les poupées russes et les élégantes piles de livres du stand de Camelia C., auteur et correctrice qui publie son premier roman, À contretemps.

Non loin, Dario Alcide présente de nombreux livres de science-fiction et fantasy : je me laisse attirer par les couvertures de Pentacle et de Farence. C’est ensuite le stand de Christelle Lebailly qui retient mon attention, avec ses beaux marque-pages visant à promouvoir son roman, Lula et les Monstres. J’ai également le plaisir de rencontrer Elijaah Lebaron, auteur de Personaé, avec qui j’ai déjà échangé sur le groupe Indylicious via Facebook, et de revoir Georges Beliaeff, qui m’a présenté son roman Les Bâtisseurs de Bonheur au salon du livre de Paris. En revenant vers mon stand, j’engage également la conversation avec Lielie Sellier, dont j’ai fait la connaissance lors de l’inauguration de la vitrine des auteurs indépendants le 16 mars, et Philippe Leclercq, auteur de trois romans réalistes.

Tout cela est bien beau, pensez-vous, mais où sont les lecteurs ? Pour l’heure, 12h30, et toujours personne à l’horizon. J’ai tout de même vendu un livre à une auteur dont le nom et le métier relèvent du destin : elle s’appelle Emily d’Oste et est bibliothécaire… L’heure du repas sonne bientôt. Je partage une galette avec Marlène Dzierzynski et son mari, dont le stand se trouve face au mien. Elle aime mon chignon, j’apprécie ses lunettes : nous parlons myopie et littérature. Une nouvelle promenade me permet de rencontrer Swana Leitner, auteur de livres sur le bien-être : je participe à son concours pour tenter de remporter son deuxième roman autour de la procrastination (bien que n’étant pas atteinte, je reste vigilante).

Elijaah Lebaron anime l’après-midi en interviewant tour à tour de nombreux auteurs : j’ai le plaisir de prendre le micro et de passer devant la caméra pour présenter Vivre. Tout en papotant, nous guettons avidement les lecteurs. Chaque nouveau visage est un espoir, mais s’avère être une connaissance de l’un d’entre nous. Vers 15h, Elfriede Dubort, qui a visité tous nos stands, nous présente un extrait de son spectacle théâtral, Maxence ou le conte du métro, accompagnée à l’accordéon par David Braun. Une distraction plaisante qui, si elle a le mérite de nous occuper, révèle la tragique absence de lecteurs qu’occultaient nos va-et-vient. Le maire a beau être passé nous voir avec ses adjoints, le manque de communication de la mairie autour de l’événement se fait de plus en plus sentir. Il faut dire que, pour être soutenus, nous aurions dû renoncer à vendre des livres : cela faisait basculer l’événement du côté obscur, ou plutôt commercial, de la Force. Le soutien fut donc obtenu autrement, et la mairie s’est bien gardée d’afficher la moindre plaquette sur espaces publics… Comme celui qui se trouve à quelques mètres de notre salon.

Vers 16h commencent les premiers départs. Catherine Berthon m’achète un roman pour sa nièce et j’en vends un à Swana Leitner. Heureusement, les auteurs sont aussi des lecteurs ! J’échange Grandir contre Personaé et Les Bâtisseurs de Bonheur : en tout, cinq exemplaires auront donc trouvé preneur, ce qui frise le best-seller au vu de notre taux de fréquentation. Je désespère de vendre un jour Vivre, mais passons. Je quitte le salon le cœur léger malgré la déception : la journée fut pleine de belles rencontres et je repars armée de nombreux conseils. Dario Alcide m’a donné quelques astuces pour participer plus souvent à des salons littéraires, Bernard Prou m’a communiqué l’adresse d’une librairie dans le XIXème arrondissement de Paris qui accepte les romans autoédités et je participerai peut-être à l’une des vidéos de Christelle Lebailly. Relancer le salon de Loos, écrire au Salon Fantastique de Paris, retourner voir la librairie l’Établi, voilà un beau programme !

Et vous, quel a été votre pire salon du livre ? Avez-vous fait contre mauvaise fortune bon cœur en allant à la rencontre des autres auteurs ? En tant que lecteur, avez-vous déjà été le seul visiteur d’un salon du livre local ? J’ai beaucoup aimé l’ambiance du salon des auteurs indépendants de Maisons-Alfort, et je n’exclus pas de participer l’an prochain, sous réserve que la mairie nous apporte davantage de soutien ! 🙂

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