Le Vaillant Soldat de Plomb, de Hans Christian Andersen

Parfois qualifié d’intrépide ou de petit, Le Vaillant Soldat de Plomb fait partie des contes les plus connus d’Andersen. Récit à plusieurs niveaux de lecture, c’est l’une de ces fables qui laissent une impression durable sur l’imaginaire des enfants. On y suit les péripéties d’un jouet, soldat de plomb auquel il manque une jambe de naissance : il tombe amoureux d’une danseuse, qu’il pense unijambiste comme lui. Mais cela ne plaît pas au sorcier de la boîte à surprises, et voilà notre soldat jeté par la fenêtre, mis dans un bateau en papier, transporté dans les égoûts, chassé par les rats puis avalé par un poisson…

Aventure, magie, poésie, mélancolie, Le Vaillant Soldat de Plomb réunit tous les ingrédients d’une bonne histoire. À l’exception du cruel sorcier, les jouets ne parlent pas. Leurs émotions sont toutes entières concentrées dans leurs pensées, ce qui ajoute à la vraisemblance des événements et permet de s’identifier plus facilement à eux. Le soldat reste ainsi de plomb du début à la fin : droit, serrant son fusil contre lui, n’ayant de désir que pour la danseuse en carton, fluette, immobile et aussi muette que lui. Les autres objets de la chambre s’animent, passant ainsi aussitôt dans le royaume de féerie, mais ces deux personnages fixes et par conséquent réalistes tranchent avec l’agitation ambiante.

Y a-t-il une morale à tirer du Vaillant Soldat de Plomb ? Tout n’est-il que hasard et coïncidences, et le monde se réduit-il à une flamboyante et insouciante injustice ? Conte étrange que celui-ci pour un auteur aussi chrétien, où le diable incarne le mal dans les plus innocentes occupations, et où Dieu n’est pas une fois remercié pour le miracle qu’Il accomplit. S’il n’est pas aussi dur que La Petite Fille aux Allumettes, ce texte n’en reste pas moins cruel. La passivité des personnages et leur acceptation aveugle des aléas du destin cause aussi leur perte, là où tout aurait pu bien se terminer. Certains voient dans ce texte paru en 1838 des sous-entendus autobiographiques évoquant les relations de l’auteur avec les femmes : il est à noter que c’est le premier conte qu’Andersen n’ait pas tiré d’une source littéraire ou d’un folklore local.

Et vous, avez-vous lu Le Vaillant Soldat de Plomb ? À votre avis, le soldat est-il courageux ou stupide de garder le silence du début à la fin ? Ce texte reste pour moi une source d’interrogations et de débat. Même si elle trahit en partie l’histoire originale, j’ai adoré l’adaptation des studios Disney réalisée dans Fantasia 2000. N’hésitez pas à vous rendre sur ce cher Wikisource pour découvrir le conte ! 🙂

 

Fabien Doulut rend très bien la bizarre et vaillante passivité du soldat de plomb face aux éléments !

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