La Petite Sirène, de Hans Christian Andersen

Un palais sous-marin empli de sable fin, de perles et de fleurs merveilleuses. Des sirènes à la longue chevelure et aux voix enchanteresses. Un amour impossible, jalonné de souffrance et de sacrifices… Si toutes les adaptations de La Petite Sirène sont fidèles à l’un de ces aspects du conte, aucune n’égale l’œuvre originale de Hans Christian Andersen. Poésie, magie et tragédie y dialoguent, tissant un texte d’une grande beauté. Avec Frankenstein, ce conte est l’une des plus belles histoires d’amour que j’aie lues : la créature et la sirène ont en commun de n’avoir pas de nom, et d’aimer sans être aimés en retour.

S’il n’est sans doute pas nécessaire de résumer cette histoire que nous connaissons tous, quelques précisions me semblent néanmoins indispensables. Saviez-vous qu’à chacun de ses pas, la petite sirène a l’impression que mille aiguilles lui transpercent les pieds ? La douleur la plus atroce est le prix de sa grâce et elle danse plus d’une fois « la mort dans le cœur » après que la sorcière lui ait coupé la langue. Elle brûle d’un amour qu’elle ne peut exprimer ni par sa voix, qu’elle a perdue, ni par des larmes, car une sirène ne peut pas pleurer. Ses sœurs donnent leurs cheveux en échange d’un poignard qui pourra la sauver… À la condition qu’elle transperce le cœur du prince qu’elle aime tant.

Ces détails, rarement représentés à l’écran, font tout le tragique de La Petite Sirène. Terreur face à l’engloutissement qui guette la sirène dépourvue d’âme, pitié devant tant d’injustes souffrances, on pourrait presque y voir une tragédie grecque… Alors pourquoi le classer dans les contes ? Parce que, au-delà des interprétations modernes qui voient dans ce récit un désir sexuel inassouvi, La Petite Sirène est avant tout un questionnement sur l’amour et l’existence de l’âme. Condamnée à se changer en écume au bout de trois cents ans, la petite sirène veut une âme pour gagner le paradis : combat du bien contre le mal autant que de l’amour contre la haine, quête d’amour et d’immortalité, ce conte aussi beau que triste se termine sur une note d’espoir où le rêve est permis.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Aimez-vous La Petite Sirène ? Quelle adaptation préférez-vous ? Celle de Disney est trop mièvre à mon goût, mais j’apprécie beaucoup le dessin animé japonais de 1975, plus fidèle au conte original. Si vous voulez lire ou relire le magnifique texte d’Andersen, je vous conseille cette version disponible sur Wikisource 🙂

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