Écriture imposée : pour ou contre ?

Le décompte de l’avent 2018 est lancé : le tome 3 de La Bibliothèque s’écrit lentement tandis que Les mots étaient livres vient de publier la première chronique de Vivre. Avec la nouvelle méthode que je me suis imposée, Aimer est lancé pour de bon, et j’ai bon espoir d’achever le premier jet d’ici l’automne 2019. Une page A4 par jour, directement à l’ordinateur : une discipline qui me permet de garder l’histoire en tête et de faire progresser mon roman, jour après jour, telle une toile que je peindrais point après point. La métaphore picturale vaut jusque dans les avantages et les inconvénients de cette méthode. Une histoire plus continue, plus lisse, plus fluide d’un côté ; de l’autre, une vision d’ensemble assez floue, qui se précise et se métamorphose au fur et à mesure que j’avance.

Tout comme Grandir et Vivre, Aimer sera en bien des points différent de ce que j’imaginais avant de l’écrire. Cependant, contrairement aux précédents épisodes de La Bibliothèque, j’ignore encore comment Émilie parviendra à la fin de cette nouvelle aventure. Désormais âgée de vingt ans, les pensées de mon héroïne ne sont plus si faciles à prévoir, et se dévoilent à moi au fil de l’écriture : cela pimente d’autant chaque nouvelle page, qui devient le prélude à des développements que je n’avais pas anticipés. Incohérence et redondance seront mes plus redoutables adversaires, mais je réserve la bataille pour les corrections, et laisse pour le moment ma plume filer au gré de mes envies. Cette insouciance fait tout le sel du premier jet !

Avec le mois de décembre se clôture également le National Novel Writing Month (NaNoWriMo pour les intimes), qui a lieu chaque année en novembre, et met au défi les auteurs du monde entier d’écrire 50 000 mots en un mois, soit un roman d’une longueur approchant celle du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley. Je n’ai jamais tenté de le relever : je tiens trop à mes nuits (et à mes rêves) pour écrire à deux heures du matin comme le font certains participants. Néanmoins, l’émulation et la frénésie qui entourent le NaNoWriMo m’intriguent davantage d’année en année, et je n’exclus pas d’y prendre part un jour. La discipline de fer qui permet d’écrire autant de pages en si peu de temps est nécessaire à tout auteur. L’imagination est un muscle et l’écriture un sport : sans régularité, pas de progression. J’ai pu écrire Grandir en m’imposant de produire une page par jour et je comprends que des auteurs balbutiants trouvent dans de telles épreuves le moyen de se lancer.

Mais la qualité est-elle au rendez-vous lorsque la discipline est trop forte ? Personnellement, j’ai besoin de temps morts entre deux sessions d’écriture, pour permettre à mon imaginaire de se détendre et de se renouveler. Corriger Vivre pendant 9 jours d’affilée au rythme de huit heures par jour s’est avéré efficace : m’arrêter quelques semaines avant de reprendre fut tout aussi bénéfique. Il faut donc trouver le bon équilibre pour que la quantité reste de qualité. À côté de la qualité, certains auteurs se plient à un autre type d’exigence : le thème imposé. Si l’exercice peut permettre de vaincre une éventuelle angoisse de la page blanche, je doute de son efficacité littéraire.

Après avoir lu deux numéros d’Etherval, la revue que j’ai achetée au Salon Fantastique de Paris, mon verdict est tombé : la qualité des nouvelles va de pair avec le sujet choisi. Le numéro consacré à la peinture m’a ainsi relativement ennuyée, puisque tous les auteurs tournaient autour de la même idée, qu’ils exploitaient de la même manière, dans des registres souvent très similaires. Le thème du don permet en revanche une plus grande amplitude imaginaire : les nouvelles sélectionnées m’ont davantage touchée. Passons sur le fait que les deux numéros comportaient des fautes de syntaxe et de grammaire…

Vous l’aurez compris, si j’apprécie la discipline, je ne suis pas convaincue par l’écriture imposée. Je sais ce que je souhaite écrire, et je vais droit au but. La discipline est simplement un moyen d’organiser mon temps pour atteindre mon objectif : je préfère me l’imposer plutôt que de me la faire dicter. Sans oublier que chaque auteur fonctionne différemment ! Ce qui est valable pour certains ne l’est pas pour d’autres : le tout est de trouver une méthode qui convienne à son propre imaginaire. Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà tenté l’écriture imposée ? Cet exercice vous a-t-il aidé(e) à développer vos idées ? 🙂

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