L’Iliade, d’Homère

Récit fondateur contant la guerre de Troie, cette épopée d’Homère est avec L’Odyssée l’un des classiques les plus universellement connus. Curieuse de lire ce texte sans cesse évoqué et jamais étudié au fil de mon cursus, je m’y suis plongée avec avidité. Ma première surprise fut de découvrir le peu de temps couvert par L’Iliade : démarrant in medias res par la dispute entre Achille et Agamemnon durant la dixième année de guerre, l’histoire s’achève deux semaines plus tard avec les funérailles d’Hector. L’enlèvement d’Hélène est seulement évoqué dans quelques passages, et le lecteur n’assiste ni à la mort d’Achille, ni à la prise d’Ilion/Troie.

Les personnages de L’Iliade sont connus de tous. Archétypes classiques, on y trouve les deux héros Achille et Hector, d’ascendance divine, qui se différencient seulement par la force (Achille est également un tantinet rancunier ; l’autre titre de L’Iliade pourrait être La colère d’Achille). Autour d’eux gravitent des personnages de moindre envergure : Pâris le bellâtre, le vaillant Diomède, les deux Ajax, le roi Agamemnon et Ulysse aux mille ruses pour ne citer qu’eux. Le plus intéressant fut de voir les dieux de l’Olympe se mêler sans cesse des affaires des mortels. Zeus, Héra, Apollon, Arès, Poséidon et Aphrodite font tout pour que la guerre perdure et multiplient les métamorphoses pour prendre part aux combats.

L’Iliade a beau avoir traversé les siècles, cela n’en reste pas moins un récit de l’Antiquité et un poème épique, qui ne saurait s’apprécier sans préparation. Répétitions poétiques, abondances de comparaisons et de périphrases, en dépit des combats qu’il décrit, ce texte a une vocation contemplative autant que narrative. L’aède passe ainsi sans transition de l’aurore aux doigts de rose aux langues coupées et aux cervelles transpercées, et dresse entre deux affrontements le portrait de dieux aux passions terriblement humaines. À cet égard, j’étais contente d’avoir lu La sagesse des mythes avant d’aborder L’Iliade : l’essai de Jules Ferry m’a permis de mieux comprendre la portée du texte d’Homère. Cette épopée met en scène une infinité de forces travaillant à rétablir un équilibre perdu, toujours fragilisé même lorsqu’il semble retrouvé, que seul maintient la constante et omniprésente surveillance des dieux.

Et vous, avez-vous déjà lu L’Iliade ? Je comprends mieux à présent pourquoi seule L’Odyssée est étudiée à l’école, et j’ai hâte de lire le texte original. J’ai beaucoup aimé voir les dieux à l’œuvre dans la bataille de Troie : en dépit de leur solennité, leurs actions ne sont pas dénuées d’un certain humour quand on les considère avec le recul de la modernité 🙂

 

Le triomphe d’Achille est très bien rendu sur cette toile de Franz Matsch, conservée au palais de l’Achilleion à Corfou.

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