L’Ickabog, de J.K. Rowling

Avec L’Ickabog, l’auteur de Harry Potter signe son premier retour à la littérature jeunesse. Étant grande amatrice des aventures du sorcier à lunettes, j’étais très curieuse de découvrir ce roman, qui se déroule dans le royaume imaginaire de Cornucopia. Dès les premiers chapitres, nous voilà plongés dans le pur style du conte : un roi naïf et bon règne sur un pays extraordinairement fertile dont les gentils habitants cuisinent admirablement bien. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, si ce n’est qu’une légende rôde au sujet d’un monstre gigantesque et dévoreur d’enfants nommé Ickabog… Et auquel personne ne croit, du moins au début de l’histoire. Aventure, humour et magie sont au rendez-vous dans ce texte léger qui m’a fait passer un bon moment de lecture !

Les personnages font, comme souvent chez J.K. Rowling, la grande force de L’Ickabog. Gentils ou méchants, ils ont chacun leur part de complexité, et parviennent parfois à surprendre. Si Bert Beamish, petit garçon potelé et gentil, et Daisy Doisel, fillette perspicace et attachante, sont assez classiques, j’ai particulièrement apprécié la cruelle mère Grommell ou encore la courageuse Bertha Beamish, pâtissière en chef au château. L’inventivité de J.K. Rowling apporte également un vent de fraîcheur : on se surprend à vouloir goûter les Délices-du-Duc et les Nacelles-de-Fées, qui font pleurer de délice quiconque les avale. Le redoutable Lord Crachinay fait montre d’une noirceur croissante qui m’a agréablement surprise et donne au conte une tournure inattendue.

L’Ickabog s’avère en effet porteur d’une résonnance politique insolite. Le conte n’est pas ici, comme trop souvent dans la littérature jeunesse, prétexte à une histoire fade où personne n’est véritablement méchant. Les conséquences des actes irréfléchis d’un roi crédule s’étendent sur plusieurs années et changent la face de Cornucopia. Si on peut reprocher au récit une fin trop facile aux accents manichéens, il n’en reste pas moins une peinture assez fidèle de la montée en puissance des totalitarismes idéologiques, et fait montre à plusieurs reprises de la complexité des caractères humains. Même si le conte l’emporte sur le roman, certains détails étonnent jusqu’à la fin ! N’oublions pas les illustrations qui accompagnent le texte : réalisées par des enfants de tous les pays du monde, elles changent en fonction de la langue du livre et s’inscrivent dans une démarche éditoriale salutaire au milieu de la crise sanitaire.

Et vous, avez-vous lu L’Ickabog ? Qu’en avez-vous pensé ? Si certains personnages rappellent indubitablement ceux de Harry Potter, ce conte s’inscrit toutefois dans un univers bien distinct et a su me séduire, malgré quelques faiblesses de fond, grâce à une écriture efficace doublée d’enjeux bien réels. 🙂

 

Illustration extraite de L'Ickabog

Dans ma version anglaise de L’Ickabog, les dessins proviennent exclusivement d’Angleterre ou d’Inde. J’aime beaucoup les différences qui surviennent d’un imaginaire à l’autre !

Autre illustration de L'Ickabog

Le style de cette illustration de L’Ickabog m’a tout de suite séduite : j’adore les ombres chinoises, qui sont d’une grande puissance évocatrice !

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