Les récits de feu Ivan Petrovitch Belkine, d’Alexandre Pouchkine

Composé de cinq nouvelles, ce recueil paru en 1831 mêle les registres pour le plus grand plaisir du lecteur. Tour à tour comiques, tragiques ou théâtrales, ces histoires jouent avec les codes du réalisme et frisent parfois le fantastique. Le style de Pouchkine, efficace et d’une grande élégance, se fait à l’envi poétique, romantique ou satirique. Entre la vengeance du Coup de pistolet, le marivaudage de La demoiselle paysanne, le triste sort du Maître de poste, l’heureuse issue du Marchand de cercueils et l’étrange rencontre de La tempête de neige, Les récits de feu Ivan Petrovitch Belkine sauront à coup sûr vous faire voyager !

Les nouvelles sont en effet très différentes les unes des autres. Le coup de pistolet m’a paru être la plus originale, tant sa chute est inhabituelle, à la fois prévisible et inattendue. La demoiselle paysanne m’a beaucoup rappelé Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, et se rapproche par certains côtés de La tempête de neige, que j’ai trouvé à la fois très habile et non dénué d’ironie vis-à-vis des amoureux transis. En dépit de son caractère fantastique et surnaturel, le Marchand de cercueils m’a fait rire, tandis que le Maître de poste, assez peu surprenant, m’a laissée songeuse. Autant de personnages, autant d’histoires, autant de possibles !

Vous l’aurez compris, Les récits de feu Ivan Petrovitch Belkine m’ont divertie sans me transporter. J’ai adoré le style de Pouchkine, la richesse de son vocabulaire et la beauté de ses phrases, ce rythme à la fois littéraire et haletant caractéristique de la nouvelle. Même si j’ai trouvé que ces cinq histoires manquaient d’originalité, j’ai apprécié la variété des registres sur des textes aussi courts. Écrits huit ans avant sa mort, ils sont la première œuvre en prose (par opposition aux vers) de l’auteur d’Eugène Onéguine, que je compte bien lire quand j’en aurai l’occasion ! J’en ai déjà lu assez pour regretter qu’il soit décédé à 38 ans des suites d’un duel amoureux…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà lu Pouchkine ? Sa vie est aussi intéressante que ses romans : descendant d’un esclave africain, amoureux des livres, exilé, gracié et finalement assassiné par son beau-frère, il a inspiré tous les auteurs russes que nous connaissons aujourd’hui 🙂

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