Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rilke

Largement autobiographique, paru en 1910, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge est l’un des seuls romans de Rainer Maria Rilke. Présenté sous forme de journal intime regroupant trois grandes parties, il conte tour à tour le quotidien du narrateur à Paris, des souvenirs d’enfance ou encore des anecdotes sur une infinité de sujets. Autant vous le dire d’office : je n’ai pas du tout accroché à ce classique. Bien écrit, il donne lieu à des méditations profondes et vivaces sur la mort, la maladie, la solitude ou encore l’obscurité. Le problème : je n’ai absolument pas compris où Rilke voulait en venir.

Si Histoires du bon Dieu m’a beaucoup amusée, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge s’annonce d’emblée moins fantaisiste. Ancré dans le Paris du XIXème siècle, il donne à voir ses misérables, sa pauvreté et la désolation qui règne dans le milieu ouvrier de l’époque. Les souvenirs d’enfance, dépeignant d’antiques manoirs de campagne, sont à l’inverse auréolés de fantastique. Rilke convoque tour à tour le passé et le présent, qui s’animent à travers des lieux et des personnages aussi variés qu’étranges, créant au fil des pages une réalité hors du temps et de la logique, à l’image des circonvolutions d’une pensée.

Ce manque de cohérence a malheureusement bloqué ma lecture. Les trois parties des Cahiers de Malte Laurids Brigge n’ont aucun rapport entre elles. La pire fut pour moi la dernière, constituée de textes courts évoquant des sujets aussi variés que dénués de relation. La langue allemande s’est-elle avérée trop impénétrable pour moi, ou bien Rilke est-il poète pour une bonne raison ? Je regrette de ne pas avoir davantage accroché à ce roman qui ne laisse en moi que des impressions vives et isolées sur les thèmes de prédilection du narrateur. Dans un style très différent mais peut-être plus proche qu’il n’y paraît, j’avais relativement apprécié l’étrange Ulysse de James Joyce : peut-être étais-je seulement mieux informée.

Et vous, avez-vous lu Les Cahiers de Malte Laurids Brigge ? Qu’en avez-vous pensé ? C’est l’un des classiques les plus ardus qu’il m’ait été donné de lire ; je n’exclus pas de m’y frotter une deuxième fois, mais j’opterai sans doute pour la version française. 🙂

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