La Quête de l’oiseau du temps, de Le Tendre et Loisel

Bande dessinée en quatre volumes dont le cycle préquel est en cours d’écriture, j’ai depuis longtemps envie de chroniquer La Quête de l’oiseau du temps. Cette histoire, multipliant paysages époustouflants et personnages surprenants dans une ambiance de fantasy médiévale, fait partie des œuvres graphiques que l’on n’oublie pas. On y suit les aventures du vieux chevalier Bragon et de Pélisse, fille de son amour de jeunesse, la princesse-sorcière Mara. Pour sauver le monde d’Akbar, nos héros se lancent à la poursuite d’un oiseau capable d’arrêter le temps : aventure, magie et mystère sont au rendez-vous tout au long de la série.

Si le premier tome de La Quête de l’oiseau du temps est assez classique, la suite dessine des protagonistes plus complexes qu’il n’y paraît. Pélisse est un habile mélange d’innocence, de courage et de secret, et Bragon développe au fil du texte une faiblesse qui s’avérera fatale. Néanmoins, ce sont les personnages secondaires qui m’ont le plus agréablement surprise. L’Inconnu, qui partait pour être un clown de service, gagne en profondeur ; Bulrog ne reste pas le guerrier abruti et antagoniste pratique des débuts. Même le Rige, qui n’apparaît que dans un seul épisode, laisse un souvenir frappant par les contradictions qu’il incarne.

C’est dans le dernier opus que La Quête de l’oiseau du temps prend toute son ampleur. À maints égards, le retournement final est aussi brillant qu’inattendu. Multipliant les symboles et les interprétations, il constitue une énigme surpassant toutes celles égrenées par le génie du fleuve Fol de Dol durant le périple de Bragon et Pélisse. Le dessin vivant et animé de Loisel se marie à merveille avec le texte rythmé de Le Tendre, émaillant les péripéties d’humour ou de solennité pour créer un univers imaginaire cohérent et riche de développements. Je ne m’étonne pas que huit volumes soient prévus pour raconter le passé de Bragon, qui s’inscrit dans un monde dont la conception par petites touches n’est pas sans rappeler Terremer d’Ursula Le Guin.

Et vous, avez-vous lu La Quête de l’oiseau du temps ? Qu’en avez-vous pensé ? J’ai beaucoup apprécié ce récit, qui a su me surprendre malgré une intrigue en apparence assez simple. J’ai hâte de lire le cycle d’Avant la Quête ; il semble même qu’un cycle Après la Quête soit envisagé. Écrire cet article me donne aussi envie de me replonger dans Peter Pan de Loisel, réécriture tragique du roman de James Barrie, où l’on retrouve ce mélange de noirceur et de magie qui fait le charme de La Quête de l’oiseau du temps.

 

Ce dessin de Loisel illustre l’intégrale de La Quête réunissant les quatre volumes. On y retrouve tous les personnages de l’aventure !

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