La Belle et la Bête, de Mme Leprince de Beaumont

Ce conte est l’un de mes préférés. Repris d’un conte original de Mme de Villeneuve, lui-même tiré d’un conte ancien de tradition orale, ses origines se perdent dans les limbes de l’humanité. Le talent de Mme Leprince de Beaumont a été de lui donner une forme succinte, et d’en faire un concentré de sens plus efficace que la version très en longueur de celle qui l’a précédé.

Vous connaissez tous l’histoire de Belle qui, pour sauver son père, prend sa place dans le château de la Bête. Château enchanté, peuplé de serviteurs invisibles, et Bête aimable, dont la douceur et l’intelligence finissent par séduire Belle. La malédiction est brisée par l’amour, et c’est ainsi que la Bête redevient homme.

La morale est très proche de Riquet à la Houppe ou du Prince Spirituel, et de quantité d’autres contes : il ne faut pas se fier aux apparences, ce n’est pas la beauté qui fait naître l’amour, mais bien l’amour qui rend beau.

Il y a cependant une différence de taille : la Bête est animal, et non humain. Il n’est pas laid, il est mélange de tous les animaux, cornes, poils, crocs. Il est irréductiblement autre. Il redevient humain grâce à l’amour. D’où une morale bien plus puissante : l’amour ne rend pas seulement beau, c’est ce qui caractérise l’homme, et le différencie de l’animal. L’amour est le propre de l’homme. Un amour où le sentiment et le désir physique sont parfaitement équilibrés. L’idée n’est pas de moi, je l’ai volée dans un livre savant ; je ne l’en trouve pas moins géniale.

Elle est très clairement rendue dans la version de Mme de Villeneuve, où la Bête demande à Belle chaque soir : « Voulez-vous coucher avec moi ? » Question rituelle que Mme Leprince de Beaumont transformera en un plus sobre « Voulez-vous être ma femme ? »

J’ai beaucoup aimé l’adaptation de Disney, qui fait de la malédiction de la Bête la punition d’un cœur mauvais, alors que dans l’histoire originale c’est un être bon injustement ensorcelé. La peur éprouvée par la Belle du conte lui représente l’amour comme animal ; le cœur sans pitié dépeint par le dessin animé montre l’inhumain auquel seul l’homme peut prétendre. L’adaptation de Jean Cocteau est également très intéressante, même si la fin est plus ambiguë. En revanche, j’ai adoré les décors du château, avec ces bras qui tiennent des chandeliers.

Et vous, avez-vous lu ce conte ? Quelle version préférez-vous ? N’hésitez pas à en donner votre avis en laissant un commentaire 🙂

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