Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur, des frères Grimm

L’Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur raconte, comme son nom l’indique, le périple d’un jeune homme tellement sot que rien ne l’a jamais fait frissonner. Intrigué par les anecdotes racontées au coin du feu et poussé par son père qui lui ordonne de se trouver un travail, il décide d’apprendre la peur, pensant ainsi obtenir le moyen de gagner sa vie. C’est le début d’une série d’épreuves à la fois drôles et macabres. Fantôme de pacotille dans un clocher à minuit, squelettes de pendus s’entrechoquant sur un gibet, chats dansants dans un château lugubre ou encore morts ressuscités, les événements improbables se succèdent pour le plus grand plaisir du lecteur.

Toute L’Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur repose sur son personnage principal. Héros sans nom, sa sottise non dépourvue d’ambiguïté donne toute sa saveur au conte. Autour de lui gravitent des personnages plus traditionnels, allant du frère intelligent au badaud intéressé en passant par le roi avisé et la camériste maline. Le contraste entre les caractères très classiques de chacun et la totale originalité de ce protagoniste qui ne s’intègre nulle part donne un piment bienvenu à cette fable dont la morale laisse songeur à bien des égards. Au-delà de l’aventure d’un naïf, c’est aussi toute une réflexion sur la peur et la perception qu’en a chacun qui nous est ici proposée.

En effet, au fil des péripéties, le jeune homme gagne en profondeur. S’il triomphe sans effort de ce qui chez n’importe qui d’autre aurait provoqué une frayeur paralytique, il s’avère par la suite capable de se battre et surtout peu impressionnable. On ne saurait voir dans son absence de crainte la marque du courage, qui consiste plutôt à surmonter ses peurs : sa manière d’être révèle en revanche un pragmatisme bienvenu. Celui-ci s’incarne particulièrement dans la chute de L’Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur. C’est ici le bon sens populaire qui est mis à l’honneur, car personne ne serait capable de résister à l’effroi final qui clôture le conte ! Les concepts de peur et de courage reposent ainsi plus sur l’interprétation de chacun que sur une vérité universelle : telle est la réflexion qui émane de cette histoire des frères Grimm.

Et vous, avez-vous lu L’Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur ? Que pensez-vous de la fin ? Quelle épreuve vous a le plus effrayé ? J’ai beaucoup aimé réfléchir sur ce conte dont la morale n’est pas si évidente qu’il y paraît au premier abord. Si vous ne le connaissez pas, il est disponible gratuitement sur le site des Contes de Grimm !

 

Cette illustration de Maria Grengg montre très bien à quelle point la peur est une notion relative ! Les fantômes et autres monstres qui hantent les châteaux ne vous feront aucun mal si vous leur proposez une partie de cartes.

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