Zadig ou la Destinée, de Voltaire

Conte philosophique publié en 1748, Zadig narre l’histoire d’un jeune homme intelligent et généreux à qui le destin réserve bien des surprises.  À travers ce personnage éponyme dont le nom signifie « véridique » en arabe et « juste » en hébreu, Voltaire met en scène les malheurs des honnêtes personnes, dont la franchise fait des victimes aisées pour le vice omniprésent. Emprisonné à tort, favori du roi, esclave d’un peuple étranger, trompé par les femmes, Zadig apprendra à ses dépens que le chemin du bonheur, s’il est facile à trouver, est ardu à suivre. Situé dans un Orient fantasmé, le texte de Voltaire se veut aussi une satire sociale de la France des Lumières, des hypocrisies de Cour et des mensonges religieux.

Zadig, protagoniste en tous points parfait, est l’archétype du héros : réfléchi, malin, non dénué d’une certaine candeur qui s’atténue avec le temps, il n’a d’autre désir que celui d’être heureux, et se plaint en toute légitimité du sort qui lui est sans cesse contraire. Abandonné après avoir défendu l’honneur de la femme qu’il aime, peu considéré par sa deuxième épouse, jalousé par son voisin, il a pour seul ami le discret Cador. Conseiller de rois crédules qui donnent autant de crédit aux gentilshommes qu’aux beaux parleurs, Zadig subit leurs foudres versatiles et ne doit sa survie qu’à des miracles répétés.

Mais le bonheur est-il autre chose qu’un miracle ? À la lecture de Zadig, il est permis d’en douter. Même l’envoyé de Dieu a une manière bien à lui de rendre la justice. En bon philosophe, Voltaire ne nomme aucun personnage au hasard : inspiré par Zoroastre, il donne ainsi au voisin envieux le nom du principe du mal et baptise la reine de Babylone Astarté, en hommage à la déesse mésopotamienne de l’amour et de la fertilité. Derrière l’amusement se cache comme toujours une parabole qui appelle à la réflexion… Mais la leçon n’est pas aussi dure pour Zadig que pour Candide. Le tremblement de terre de Lisbonne n’a pas encore eu lieu, et la foi de Voltaire en une justice immanente attendra 1755 pour voler en éclats.

Et vous, avez-vous lu Zadig ou la Destinée ? Qu’en avez-vous pensé ? J’aime beaucoup ce récit léger, plein d’ironie et de sagacité sur les travers des puissants. Voltaire dénonce des défauts qui sont loin d’avoir disparu et dont il faut avoir soin de se garder, même inspiré des meilleurs intentions du monde ! 😉 Si vous souhaitez le lire, il est disponible gratuitement au format numérique sur Gutenberg.

 

Cette gravure de 1747 illustre parfaitement le hasard providentiel qui réunit Zadig et Astarté. Un hasard qui se maintiendra tout au long de l’histoire…

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