Un si petit oiseau, de Marie Pavlenko

Reçu dans le cadre d’un partenariat avec Babelio, Un si petit oiseau fait partie des romans que je n’aurais jamais lus de moi-même. Marie Pavlenko y conte l’histoire d’Abi, jeune femme d’une vingtaine d’années qui doit réapprendre à vivre après avoir perdu son bras dans un accident de voiture. La « quête de résilience » vantée par l’éditeur m’avait fait espérer une histoire difficile, sur la destruction puis la reconstruction de soi, l’exploration de ses limites, un récit qui m’apporterait un autre point de vue sur le monde. Le résultat est malheureusement très en-deçà de mes attentes : romance prévisible, blagues forcées, personnages stéréotypés, enchaînement de clichés, même l’écriture m’a paru mauvaise.

À travers Abi, Marie Pavlenko choisit d’explorer la voie de la résilience par l’amour. La jeune fille est donc choyée par l’ensemble de sa famille, jusqu’au chat qui ronronne sur commande. Son âme guérit de la manière la plus naturelle du monde, sans aucune surprise : j’ai su comment finirait Un si petit oiseau dès le premier chapitre. Les protagonistes qui l’entourent rivalisent de platitude et de lourdeur, eux aussi prévisibles dans les moindres remous de leur psyché (mention spéciale pour la tante nymphomane qui trouve normal de partager ses frasques sexuelles avec une nièce d’au moins vingt ans sa cadette).

Vous l’aurez compris, je n’ai pas trouvé grand chose de positif dans ce roman. Si l’initiative de Marie Pavlenko est louable, elle n’a pour moi pas su exploiter son idée de manière originale. Un vocabulaire pauvre et familier, des phrases monocordes de type sujet-verbe-complément dépassant rarement les dix mots, le rythme même du roman m’a dérangée. Un si petit oiseau se résume en effet à un ensemble de scènes sans transitions, dialogues entrecoupés de descriptions. L’analyse est réduite au constat, Abi est quasi incapable de se détacher de sa réalité pour réfléchir au monde qui l’entoure et relativiser. Aucun personnage ne songe à lui rappeler qu’ailleurs, il y a pire. Ailleurs, ce pourrait être par exemple dans L’enfant multiple, d’Andrée Chedid, où un petit garçon d’une dizaine d’années perd non seulement son bras, mais également ses parents, sa maison et son pays…

Et vous, avez-vous déjà lu des romans de Marie Pavlenko ? Qu’en avez-vous pensé ? Un si petit oiseau m’a tellement déplu que je ne pense pas lire un autre roman cet auteur. L’appel final à la protection de l’environnement m’a paru particulièrement déplacé, dans un livre de 400 pages qui aurait pu en faire 100 s’il ne sautait pas deux pages toutes les cinq pages, et trois lignes tous les deux paragraphes…

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