L’État et les enjeux éthiques de la finance, de Sabrina Abib

Mêlant la philosophie politique et la science économique, L’État et les enjeux éthiques de la finance est un essai passionnant à la croisée de nombreux domaines. Quel rôle joue l’État dans la régulation des marchés financiers ? Comment s’articulent la régulation, qui repose sur des normes prédictives, et le risque, par nature incertain et imprévisible ? L’éthique même qui dicte la loi ne repose-t-elle pas sur des stratégies politiques d’une moralité relative ? Ce sont autant de questions qu’explore Sabrina Abib, confrontant les points de vue de penseurs aussi variés que John Maynard Keynes, Aristote ou encore Claude Levi-Strauss.

La question centrale qui sous-tend L’État et les enjeux éthiques de la finance réside dans son sous-titre : « Comment penser la régulation financière aujourd’hui ? ». En effet, longtemps mise de côté pour laisser libre-cours à une auto-régulation des marchés qui remédierait naturellement au risque, la régulation financière est revenue sur le devant de la scène au cours du XXème siècle, suite à des événements tels que le krach de 1929 ou encore la crise de 2008. Différentes instances, plus ou moins indépendantes politiquement, ont été mises en place à travers le monde pour veiller à la limitation de la prise de risque des investisseurs, au maintien de l’économie et à la répartition équilibrée, sinon juste, des richesses entre les citoyens.

Derrière une théorie simple se cache cependant une réalité complexe. Le personnel politique est changeant et prompt à sacrifier un bénéfice économique sur le long terme à une stratégie électorale sur le moyen terme, tandis que la finance navigue à la vitesse inégalable des algorithmes. Le concept de même de régulation, entre décision, catégorisation et maîtrise, n’est pas facile à appréhender, d’autant qu’il modifie le système en l’encadrant, donnant ainsi naissance à de nouveaux états de faits, qui eux-mêmes exigent une nouvelle régulation. Si L’État et les enjeux éthiques de la finance peut paraître aride pour les non-spécialistes, il n’en reste pas moins accessible à tous ceux qui aiment réfléchir et s’interroger sur les principes qui structurent notre quotidien.

Et vous, avez-vous lu L’État et les enjeux éthiques de la finance ? Qu’en avez-vous pensé ? Si j’ai parfois été perdue faute de connaissances suffisantes en économie et en politique, j’ai lu avec un intérêt non feint l’essai de Sabrina Abib : l’auteur pose en effet des questions essentielles sur les mécanismes dans lesquels s’inscrivent non seulement les échanges financiers, mais aussi les systèmes politiques qui nous encadrent. Il est d’autant plus intéressant de creuser la théorie de la régulation financière après avoir lu Les Raisins de la colère, ou encore L’Obélisque noir, qui rappellent les tristes conséquences d’une absence de régulation.

 

Photo du krach de 1929

Si les principes qui structurent la régulation des marchés financiers sont complexes, les conséquences d’une crise économique sont limpides : chômage, inflation, montée en puissance des extrémistes politiques et, dans le cas de 1929, une guerre mondiale.

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