Les chevaux célestes, de Guy Gavriel Kay

Les chevaux célestes est le roman que j’ai choisi pour me distraire de Vivre. Œuvre historique mâtinée de fantasy, le récit de Guy Gavriel Kay ressuscite la Chine de la dynastie Tang (VIIIème siècle de notre ère environ), avec ses courtisanes, ses guerriers et ses mandarins. Manœuvres politiques, combats et complots, amour et trahison, je ne pouvais rêver mieux pour me dépayser : le résultat s’avère cependant mitigé. Tai, le principal protagoniste, s’est retiré deux ans près d’un lac pour enterrer les morts d’une ancienne bataille. En récompense, il reçoit du royaume jadis ennemi du sien un présent somptueux : 250 coursiers de Sardie. Les chevaux célestes raconte le voyage de Tai jusqu’à la capitale de son pays pour annoncer la nouvelle à l’empereur.

Le périple de Tai est un prétexte au parcours de la Kitai, calquée sur la Chine. Chaque ville, chaque auberge, chaque chemin offre l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les routes de la soie, la politique intérieure, les rapports entre les classes : à y regarder de plus près, le roman comporte finalement assez peu d’action. On saluera le travail de recherche très fouillé de Kay (il suffit de lire la page Wikipedia de la dynastie Tang pour s’en apercevoir), ainsi que ses descriptions très poétiques. Les personnages, les paysages, tout est posé et décrit jusqu’au plus petit détail. Kay va jusqu’à intercaler des poèmes chinois classiques dans la narration, ce qui donne à son roman une tonalité très asiatique, juxtaposant violence et délicatesse.

Malheureusement, ce qui fait la qualité des Chevaux célestes est aussi son principal défaut. Dialogues, combats, intrigues, tout est absolument saturé de détails poétiques qui rendent le récit long, voire ennuyeux. Il ne s’agit la plupart du temps que de quelques phrases, mais elles sont chacune répétées inutilement plus d’une dizaine de fois sur les 600 pages du roman. Les vêtements des personnages, leur caractère, tout y passe : même les mouvements lors des combats sont analysés méticuleusement, ce qui enlève à ces derniers toute leur fulgurance. Tai et ses compagnons se révèlent assez prévisibles, des scènes qui auraient mérité d’être rallongées arrivent en rafale dans l’épilogue ; même les analyses anticipées des historiens se retrouvent affadies par cette surcharge poétique. Je retiens du roman de Kay un grand potentiel mal exploité, et une bonne leçon : trop de poésie tue la poésie.

Avez-vous déjà lu l’un des romans de Guy Gavriel Kay ? Qu’en avez-vous pensé ? Malgré ma déception, je suis plutôt heureuse d’avoir lu Les chevaux célestes pour préparer la deuxième vague de corrections de Vivre : j’ai tendance à avoir le même défaut que Kay et je crois qu’il m’a guérie ! 😉

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