Les Argonautiques, d’Apollonios de Rhodes

Courte épopée composée vers le IIIème siècle avant JC, Les Argonautiques relate, en quatre chants, le voyage de Jason, de Grèce jusqu’en Colchide, pour récupérer la Toison d’or et reconquérir son trône. Afin de l’accompagner dans sa quête, Jason réunit dans la mythique nef Argô de nombreux héros, parmi lesquels le légendaire Héraclès, Pélée le père d’Achille, Orphée le poète, ou encore Castor et Pollux. Ce récit, qui relate l’une des plus anciennes épopées grecques, se déroule bien avant L’Iliade et L’Odyssée : le bateau mythique dont Athéna a présidé à la construction conduira les Argonautes jusque dans l’actuelle Géorgie, non loin de la Turquie. Ils traverseront ensuite les Balkans, l’Italie et une partie de la France, avant de regagner la Grèce en passant par la Libye.

Incursion dans la géographie de l’Antiquité, aventure pleine de magie et de mystère au temps des dieux de l’Olympe, histoire d’amour et de passion, Les Argonautiques est une épopée aux multiples facettes. Vaincu d’avance, comme tous les auteurs de son temps, par les textes d’Homère, Apollonios de Rhodes ne s’est pas contenté de s’éloigner dans le temps du flamboyant aède. Prenant à contrepied la coutume qui pose les héros en hommes d’âge mur, doués de capacités surhumaines par leur ascendance divine, il présente Jason et la majeure partie de ses compagnons comme des adolescents, des jeunes garçons qui n’ont encore accompli aucun exploit. Féroces guerriers quand il le faut, ils n’en sont pas moins émus et terrifiés à la pensée des dangers qui les attendent au long de leur voyage.

À cet égard, le personnage le plus intéressant est sans conteste Médée, fille du roi Éétès et princesse de Colchide. Touchée par les flèches d’Eros, déchirée entre l’amour et le devoir, magicienne impétueuse et lucide, c’est elle qui permet aux Argonautes de s’emparer de la Toison d’or et d’en réchapper. Victime de la volonté d’Héra, jouet d’un destin qu’elle ne maîtrise pas, elle a le courage d’aller jusqu’au bout d’une passion démesurée. À travers elle, Les Argonautiques prend la dimension d’un hymne à l’amour, en dépit des excès auxquels il conduit : c’est à regretter qu’Apollonios de Rhodes s’arrête en vue des côtes hellénistiques. Comme si le voyage de Jason constituait un prélude à des événements qui, une fois les dés jetés, sont laissés à la méditation du lecteur. Connu d’avance, le destin de Médée et de Jason serait tout entier contenu dans leur première rencontre, et les conditions de leur retour : Les Argonautiques ouvre un débat sur la prédestination, l’amour et la liberté qui est loin d’être clos.

J’ai adoré lire Les Argonautiques dans l’édition des Belles Lettres, illustrée, accompagnée d’une carte et d’un index bienvenus. Bien qu’étrange, cette plongée dans l’Antiquité ne laisse pas d’être intéressante, à la fois exotique et familière, et me donne envie de lire les textes d’Homère. Pour savoir comment tout a commencé, et mieux comprendre le périple géographique des Argonautes, n’hésitez pas à consulter le site Mythologica ! Et vous, avez-vous déjà lu des épopées ? Vous ont-elles plu ?

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