​Vivre : avant les feux de la rampe, l’enfer de la correction

Comme promis le mois dernier, je vous parlerai aujourd’hui plus en détail de Vivre. Je le corrige, mais encore ? Que s’est-il passé au cours de cette semaine qui a vu s’évaporer près d’un tiers du roman ? Comment ai-je pu, dans le deuxième round correctif qui a suivi début mai, supprimer encore 10 pages de plus ? La réponse est simple : l’écriture de Vivre a souffert d’un considérable délayage. Commencé alors que j’entamais les corrections de Grandir, ce tome 2 a été abandonné au bout d’un mois, repris 6 mois plus tard, puis de nouveau lâché pendant 3 mois, et ainsi de suite pendant près de 2 ans. Il m’a fallu faire un tableau Excel pour rétablir le fil de l’histoire…

L’écriture ressemble au sport : plus on écrit, plus les idées viennent. Si l’on écrit tous les jours, les muscles de l’imaginaire se développent comme une seconde nature. Quand on s’attèle à la tâche une fois par semaine, c’est différent. L’échauffement est plus long, il faut relancer les méninges, retrouver la lancée au beau milieu de laquelle on s’est interrompu 7 jours auparavant. 7 jours, c’est incroyablement long pour les biceps de l’esprit. Alors je commence par les exercices les plus simples, les plus naturels : les descriptions. Pour d’autres, ce seront les dialogues ou les scènes d’action, mais mon dada personnel, ce sont les descriptions. J’adore imaginer les lieux que visitent mes personnages, et rien ne m’aide tant à me remettre dans le bain que de les dépeindre alors qu’ils marchent dans les jardins d’Abyss, les rues de Zénit ou les grands boulevards de Promété.

Quand arrive le temps de la relecture, le verdict tombe de lui-même : entre les trop nombreuses descriptions et les dialogues décoratifs, Vivre s’étiole avant la fin et souffre d’un cruel manque de vue d’ensemble. Je dois recibler chaque passage, chaque étape, et ne jamais m’éloigner de cette question essentielle : pourquoi ai-je écrit ceci ? À quoi sert ce dialogue ? Qu’apporte cette description ? Dans quel cadre cela s’inscrit-il ? Ne vous y trompez pas : en dépit de ces problèmes, Vivre est bourré de suspense. Dans ce labyrinthe de mots s’entremêlent trois niveaux de lecture, que relie un même personnage : Emilie. Trois histoires, dont une qui, restée dans ma tête, s’est matérialisée sur le papier début avril. Les deux autres ont été affûtées, élaguées, reprécisées, afin de former un tout cohérent, fluide, harmonieux, désormais passé en phase de bêta-lecture.

Même si je suis très satisfaite du résultat, supprimer en une semaine l’équivalent d’un mois d’écriture à temps plein n’en reste pas moins douloureux. Cela me pousse à repenser ma technique : pour cette raison, j’ai repoussé le début d’Aimer à septembre, après la publication de Vivre. Quand je l’écrirai, peut-être tenterai-je de revenir à la technique utilisée dans Grandir : une page par jour, chaque jour de l’année. Afin de ne pas perdre le fil… Et de réduire les temps d’échauffement. D’ici là, le temps est venu de prendre quelques vacances : il vous faudra attendre le 30 mai pour recevoir un nouvel article de la Bibliothèque ! Et vous, quel est votre rythme pour aboutir à une écriture de qualité ?

2 Commentaires

  1. Noéline
    15 Mai 2018

    Bonnes vacances alors !
    Je n’ai pas de rythme précis quand j’écris parce que je ne suis pas dans une démarche de publication. Mais je comprends tout à fait le sentiment de brouillon qu’on a quand on a écrit par petits bouts et que le récit manque d’ensemble !!

    • Pauline Deysson
      27 Mai 2018

      Merci Noéline pour votre commentaire ! Les vacances furent bonnes et je suis prête à continuer le combat 😉 En effet, je n’étais pas dans le même état d’esprit pour le tome 1, puisque que je ne m’étais pas fixée de date de publication. Comme vous le dites, quand on écrit pour soi, cela permet de vivre cette démarche plus sereinement.

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