Combien gagne un auto-édité ?

Après s’être étonnés de pouvoir commander mon livre en version papier, beaucoup de lecteurs m’ont demandé comment je souhaitais qu’ils l’achètent. Valait-il mieux qu’ils le prennent en e-book, ou que je leur vende directement en papier ? Réponse : achetez-le sur Internet au format que vous préférez. Si je vous le vends directement, je ne gagnerai pas plus (sauf si j’augmente délibérément le prix pour faire du bénéfice), et ce ne sera pas pris en compte dans mes statistiques de vente !

Un auteur auto-édité est libre de fixer le prix de vente de son choix sur toutes les plateformes : en e-book c’est la liberté absolue, et en papier il faut respecter un minimum imposé par l’imprimeur et le diffuseur. Pour les versions Kindle et Kobo, j’ai donc fixé le prix à 2.99 €, et je touche 2 € sur chaque vente. Pour la version papier via Createspace, le minimum est de 11 € (déterminé en fonction du nombre de pages et de la taille du livre), prix qui me permettait de toucher la modique somme de 0.70 centimes par livre… Je l’ai donc augmenté à 14€, afin d’approcher une rémunération plus proche de celle que je touche par les plateformes numériques. Avec la TVA, cela donne 14.77€ et je touche 1.78 € par exemplaire.

Cela vous semble peut-être horriblement peu, pour une histoire qui a demandé huit ans de dur labeur et plusieurs centaines d’heures de travail solitaire. Pourtant, c’est déjà plus élevé que dans le secteur de l’édition traditionnelle, où un auteur touche en moyenne 10% du prix de vente (12 à 15% s’il a du succès). À prix égaux, je toucherais donc 1.47 € en passant par l’édition traditionnelle… Et si vous achetiez sur le CreateSpace eStore, je gagnerais beaucoup plus, car le diffuseur Amazon ne prélèverait pas sa part du gâteau.

Alors si je dois vous dire ce qui m’arrange le plus… C’est que vous l’achetiez en papier, pour le plaisir d’imaginer mon livre dans votre bibliothèque 😉 et que vous laissiez un commentaire sur Amazon. Sans oublier de recommander mon chef d’œuvre à tous vos amis, bien sûr 😀

Et vous, qu’en pensez-vous ? Si vous êtes auteur, avez-vous une rémunération différente en passant par d’autres plateformes, ou avez-vous eu de la chance avec l’édition traditionnelle ? Je serai heureuse de lire vos commentaires 🙂

Vous souhaitez aller plus loin ? Je vous recommande les deux articles suivants, qui comparent la rémunération des auteurs classiques et auto-édités :
– Article extrait du site Éditions Humanis
– Article extrait du site Écrire et s’enrichir.com

 

5 Commentaires

  1. BRICE Marylen
    1 Nov 2016

    De toute façon, nos plumes se font plumer et déplumer par les rapaces de tous bords !
    Gardons malgré tout le plaisir d’écrire. Jouissons et réjouissons-nous de pouvoir le faire ! (encore un peu !)

    • Pauline Deysson
      1 Nov 2016

      Je suis bien d’accord : le plaisir d’écrire doit rester au centre de la création. Si l’on peut en vivre, c’est merveilleux, mais arriver à achever un livre est déjà énorme 🙂

  2. Georges Vigreux
    31 Oct 2016

    Oui, 2 € c’est horriblement peu et se baser sur le fait que les maisons d’édition ne proposent pas mieux, c’est utiliser un bien mauvais argument !
    Un auteur était jusqu’à présent captif du bon vouloir des éditeurs. Avec le numérique, il accède à la liberté, mais s’il décide d’être indépendant, il ne doit pas oublier qu’il aura à sa charge tous les frais de l’éditeur : la promotion, la livraison, les démarches administratives, etc.
    Il ne faut donc pas se baser sur le montant des droits d’auteur pour fixer le prix de son livre numérique mais sur le prix que vous voudriez pouvoir toucher en tant qu’auteur vivant de sa plume. Évidemment, cela n’arrangera pas les plateformes de livres numériques si le prix des ouvrages augmente. Mais si vous êtes auteur, respectez le travail que vous avez fourni et la valeur qu’il représente. Ne bradez pas votre livre à 2,99 € ou, pire, à 0,99 €.

    • Pauline Deysson
      1 Nov 2016

      Je suis bien d’accord : le numérique offre l’occasion de mettre son livre à un prix plus juste par rapport au travail qu’il a demandé. Néanmoins, comme il s’agit de mon premier roman, je ne veux pas décourager les achats par un un prix trop élevé – il faut aussi être dans la moyenne des « lois du marché ». Si mon roman a du succès, je l’augmenterai peut-être par paliers – en sachant que je ne pense pas aller au-delà de 7 ou 8 €, ce qui me paraît très correct pour un livre numérique. En revanche, je ne descendrai jamais en-dessous de 2,99 €, qui me paraît être un minimum absolu.

  3. Daniel
    30 Oct 2016

    Trois remarques :
    1 – L’auto-édité est aussi tenu de respecter la loi Lang sur le prix unique du livre… et les autres. Il est son propre éditeur.
    2 – La plupart des plateformes qui prêchent pour l’autoédition et vendent leurs services confondent allègrement revenu et chiffre d’affaires… et les auteurs aussi, le plus souvent.
    3 – Pour l’auto-édité aussi, l’argent encaissé à la vente des livres est à déclarer aux impôts dès le premier euro…

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