1984, de George Orwell

1984 est un roman terrifiant. Peinture parfaite d’un totalitarisme sans faille, il dépeint le monde tel qu’on n’espère jamais le voir. Les pays n’existent plus, les individus disparaissent, mais le plus terrible, c’est que même la résistance est organisée par l’État. Nous suivons le personnage de Winston Smith, dont le nom est si banal qu’il pourrait désigner n’importe qui. Son parcours rappelle aussi celui de tous les héros : il lutte, découvre l’amour, se rebelle avec de plus en plus de détermination. Mais tout s’avère faux, et tout le monde, hormis la femme qu’il aime. Les derniers chapitres du livre sont consacrés à détruire cet amour, car le système totalitaire dédie un ministère entier à...

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Le Horla, de Maupassant

Cette nouvelle est un classique, et sa réputation est méritée. Le Horla, c’est l’histoire d’un homme qu’une présence invisible poursuit sans répit. Journal intime inachevé, impossible de dire si le narrateur s’est suicidé ou s’il a perdu la raison. Dans cette nouvelle, la peur va de pair avec la folie : c’est du fantastique au sens propre, impossible de déterminer si le narrateur est fou ou si cette présence mystérieuse est réelle. L’histoire est d’autant plus intéressante que, si le Horla est réel, la peur vient toute entière du narrateur. Cette créature invisible ne fait rien de proprement effrayant : elle boit du lait, observe, change peut-être un ou deux objets de place. Mais pas de coups, pas...

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Sa majesté des mouches, de William Golding

Sa majesté des mouches m’a fait peur. C’est l’un des livres qui m’a le plus terrorisée, et m’a fait faire mon premier cauchemar d’adulte. Il conte l’histoire d’enfants livrés à eux-mêmes sur une île déserte. Le récit a beau se dérouler dans un cadre paradisiaque, la tension monte un peu plus à chaque chapitre, jusqu’à atteindre une acmé que seul le sacrifice tragique (au sens grec du terme) est capable de calmer. Derrière l’insouciance et l’innocence, c’est le désir débridé qui est donné à voir, les pulsions les plus noires du cœur humain en dehors de la société qui les canalise. C’est une horrible parodie de société, dans un style fluide et sans concession. Voir le monde à travers les yeux des enfants, c’est voir la beauté, la simplicité, mais aussi...

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