À la Croisée des Mondes, de Philip Pullman

J’ai lu cette trilogie deux fois : les deux premiers tomes m’ont emballée, et le troisième m’a beaucoup déçue. C’est une œuvre riche de métaphores intéressantes, bien qu’à mon sens la fin soit en dessous du reste de l’histoire. Il n’en reste pas moins que l’écriture est fluide, et le texte agréable à lire. J’aime beaucoup l’idée des Daemons, ces créatures qui représentent l’âme de leur propriétaire, et changent de forme tant que leur maître n’est pas devenu adulte. Ils sont le reflet d’une âme qui s’est trouvée, tout comme un enfant, de malléable qu’il est à la naissance, devient peu à peu un être fini. Les Royaumes du Nord, avec les sorcières et le personnage de Iorek, m’ont également beaucoup plu par leur contraste avec l’académie...

Lire la suite

La petite souris grise, de la Comtesse de Ségur

J’adore tous les contes de la Comtesse de Ségur : ils donnent à voir un univers original, des personnages attachants et des histoires pleines de rebondissements. Pourquoi, alors, choisir d’écrire sur ce conte plutôt que sur un autre ? Peut-être parce que, de tous ceux que la Comtesse a écrit, c’est celui dont l’héroïne est la moins parfaite. Rosalie est la fille d’un génie. Elle est née pendant un conflit critique entre son père et la fée Détestable : celle-ci a profité d’un moment d’absence pour s’introduire auprès du nourrisson et la doter de tous les défauts possibles. Son père est parvenu à la sauver de justesse… Mais la fée a tout de même eu le temps de lui donner une dévorante curiosité. Le conte est le récit du combat de Rosalie contre cette curiosité....

Lire la suite

Le Seigneur des Anneaux, de JRR Tolkien

Pourquoi écrire sur Le Seigneur des Anneaux ? Que peut-on dire de ce chef d’œuvre qui n’ait pas déjà été évoqué ? Plutôt que d’ajouter mes louanges dithyrambiques à celles de milliers d’autres lecteurs, je préfère vous parler de mon rapport personnel avec cette histoire. Pour moi, cette trilogie fut d’abord une expérience de lecture ratée. Commencée à 12 ans, je l’ai abandonnée après m’être endormie sur le tome 2. Ce sont les films qui me l’ont fait aimer, splendides adaptations aussi fidèles à la lettre qu’à l’esprit des romans de Tolkien. Les décors époustouflants et les personnages atypiques m’ont convaincue de revenir aux livres, et je n’ai pas été déçue. Cependant, c’est de ma deuxième lecture, en anglais, que je garde le meilleur souvenir. Le style m’a paru...

Lire la suite

L’Homme qui savait la langue des serpents, d’Andrus Kivirähk

Pourquoi classer ce roman estonien au titre évocateur dans la catégorie des Aventures réalistes ? Truffé d’animaux qui parlent et de salamandres géantes, ce livre avait une place toute trouvée dans les Mondes imaginaires. Cette ambiguïté est précisément ce qui le rend génial: dans l’univers d’Andrus Kivirähk, la magie est normale. Elle fait partie intégrante de la réalité. L’Homme qui savait la langue des serpents raconte la vie de Leemet et de son ami Ints la vipère. Il se déroule dans une Estonie médiévale lentement conquise par les chrétiens, et décrit la fin d’un paganisme mythique. C’est l’histoire du choc entre deux cultures, mais c’est surtout une formidable satire de la bêtise humaine qui nous est donnée à...

Lire la suite

Harry Potter, de J. K. Rowling

Harry Potter est ma saga préférée : je l’ai lu plus de dix fois dans cinq langues différentes, et je ne m’en lasse pas. C’est à la fois un conte, un roman d’apprentissage et un roman policier. Un conte : J.K. Rowling a su réinventer et moderniser le cliché du sorcier à la baguette magique. Cette magie qui nous fait rire et nous fascine se réapproprie le quotidien, de l’école au camping en passant par les aiguilles à tricoter. Dragons, sphinx, sirènes, un sorcier maléfique, que demander de plus pour se lancer dans l’aventure ? Conte également, car la morale n’est pas absente de l’histoire. « Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. » « Malgré toutes les tentations que tu as endurées, malgré toutes tes...

Lire la suite

L’Histoire sans Fin, de Michael Ende

Titre parfait pour un livre parfait ! Michael Ende manie la mise en abyme avec un art consommé, et cette œuvre est un des grands contes philosophiques du XXème siècle. Dans cette histoire, la magie n’occupe pas une place anodine : au-delà d’un simple monde fantastique, Fantasia représente tous les rêves et les cauchemars des humains. Rêves et cauchemars, car la dualité est omniprésente : Atreju est le double de Bastien, deux sphinx gardent l’entrée du temple, le désert aux mille couleurs est l’envers de la forêt nocturne, le loup maléfique et les insectes monstrueux côtoient les fées et le dragon magique… Si Bastien se définit par rapport au héros Atreju, il laisse, une fois entré à Fantasia, la part belle à sa propre personnalité, qui s’assombrit au fur et à...

Lire la suite