La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett

L’histoire se déroule à Jackson, dans le Mississippi, pendant les années 60. Une histoire à trois voix : Aibileen, domestique noire discrète aimant particulièrement s’occuper des enfants, Skeeter, blanche fraîchement diplômée de l’université, et Minny, autre domestique noire à la langue bien pendue. Chacune de ces femmes a connu des drames, et chacune porte un regard différent sur la société ségrégationniste dans laquelle elles vivent. Pourquoi ai-je adoré ce roman ? À la fois drôle et tragique, il offre un éclairage acéré de l’une des réalités les plus honteuses des États-Unis. Décrits et mis en scène avec une égale justesse, les personnages se révèlent peu à peu, avec toutes leurs forces et leurs faiblesses, humains trop humains que...

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L’Homme qui savait la langue des serpents, d’Andrus Kivirähk

Pourquoi classer ce roman estonien au titre évocateur dans la catégorie des Aventures réalistes ? Truffé d’animaux qui parlent et de salamandres géantes, ce livre avait une place toute trouvée dans les Mondes imaginaires. Cette ambiguïté est précisément ce qui le rend génial: dans l’univers d’Andrus Kivirähk, la magie est normale. Elle fait partie intégrante de la réalité. L’Homme qui savait la langue des serpents raconte la vie de Leemet et de son ami Ints la vipère. Il se déroule dans une Estonie médiévale lentement conquise par les chrétiens, et décrit la fin d’un paganisme mythique. C’est l’histoire du choc entre deux cultures, mais c’est surtout une formidable satire de la bêtise humaine qui nous est donnée à...

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Marmoisan ou l’innocente tromperie, de Mademoiselle L’Héritier

Marmoisan raconte l’histoire de Mulan à la mode européenne du XVIIème siècle. Pour éviter à son père le déshonneur, Léonore prend la place de son frère décédé dans l’armée du roi, et devient Marmoisan, tandis que sa sœur se fait passer pour un valet. J’ai trouvé ce conte drôle et juste à la fois. Les défauts des deux sexes y sont peints avec une fraîcheur intemporelle : dans le camp, toute la gente soldatesque admire Marmoisan, qui se garde si bien des plaisirs de la chair et de la boisson, et manie son épée avec autant de brio que sa langue. A contrario, Marmoisan doit prend garde à ne pas rire trop fort, et à ne pas « témoigner beaucoup de chagrin […] pour du linge mal blanchi et des habits mal pliés […] car ce n’est pas le défaut des hommes d’être si...

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