L’élégance du hérisson, de Muriel Barbery

Le deuxième roman de Muriel Barbery est une pure merveille. Le style, à la fois très élégant et d’une ironie mordante, vous emporte immédiatement dans une histoire atypique. Un milieu bourgeois, suffisant et superficiel, où trois intelligences se rencontrent : Paloma, 12 ans et surdouée, Renée, 54 ans et concierge, Kakuro Ozu, japonais et fin observateur. Ce récit à double point de vue interne se dévore en quelques heures. L’élégance du hérisson pose d’emblée les questions importantes : Paloma a décidé que le monde n’était qu’un absurde « bocal à poissons », et qu’elle se suiciderait à la fin de l’année, parce que la vie ne valait pas d’être vécue au milieu de tant d’hypocrisie et de ridicule. Renée dissimule...

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À la Croisée des Mondes, de Philip Pullman

J’ai lu cette trilogie deux fois : les deux premiers tomes m’ont emballée, et le troisième m’a beaucoup déçue. C’est une œuvre riche de métaphores intéressantes, bien qu’à mon sens la fin soit en dessous du reste de l’histoire. Il n’en reste pas moins que l’écriture est fluide, et le texte agréable à lire. J’aime beaucoup l’idée des Daemons, ces créatures qui représentent l’âme de leur propriétaire, et changent de forme tant que leur maître n’est pas devenu adulte. Ils sont le reflet d’une âme qui s’est trouvée, tout comme un enfant, de malléable qu’il est à la naissance, devient peu à peu un être fini. Les Royaumes du Nord, avec les sorcières et le personnage de Iorek, m’ont également beaucoup plu par leur contraste avec l’académie...

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Le Lys dans la vallée, d’Honoré de Balzac

Le Lys dans la vallée raconte l’histoire de Félix de Vandenesse, jeune échappé de province qui se lance dans la vie parisienne. À l’inverse d’autres figures balzaciennes comme Lucien de Rubempré ou Eugène de Rastignac, Félix est happé hors de Paris sitôt après y être entré, puisqu’il tombe amoureux d’une femme de la province. Ce roman est le récit de cet amour. J’ai adoré ce livre, car on se retrouve plus facilement dans le personnage de Félix, candide, généreux et impulsif, que dans Lucien et Eugène. Lucien est plus faible, Eugène plus cynique, tous deux sont plus ambitieux. Félix veut être heureux. La scène d’ouverture du roman, où il rencontre Madame de Mortsauf, est un passage amoureux remarquable de spontanéité et de...

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